Sarko manipule ses chiffres !

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

 

 

 

Délinquance : des chiffres manipulés

 

 

Entretien avec Serge Portelli, vice-président du TGI de Paris

 

Quel jugement portez-vous sur le bilan sécuritaire de Nicolas Sarkozy ?

 

Ce bilan est faux. Ce n'est pas moi qui le dis mais un rapport réalisé en 2005 par les inspections de la police nationale et de la gendarmerie, basé sur les chiffres de 2004. Ce rapport a dénoncé une manipulation des chiffres sous la pression du Ministère, visant à faire passer à la trappe un demi-million de crimes et délits. Si l?on en tient compte, on serait en fait à plus de 4 millions d'actes délictueux en 2006. Ce qui n'a rien à voir avec la baisse dont se vante Nicolas Sarkozy.

 

 

Comment est-ce possible ?

 

C'est l'aboutissement de ce que Nicolas Sarkozy appelle « la culture du résultat », qui vise à faire baisser les chiffres de la délinquance et non la délinquance elle-même. Cela consiste à ne pas prendre certaines plaintes, à faire passer en main courante des délits au lieu de dresser des PV en bonne et due forme, etc. Des préfets jusqu'aux gardiens de la paix, toute la chaîne de la hiérarchie est sous la pression de cette méthode qui incite à manipuler les chiffres. Si vous interrogez le policier de base, il pourra vous le confirmer. Il y a d'ailleurs un paradoxe entre la nécessité affirmée de faire baisser le nombre de crimes et délits, et celle d'augmenter simultanément le nombre de personnes gardées à vue.

 

 

Cela signe-t-il l'échec de la politique du Ministre ?

 

Cet échec est évident dans les secteurs où il est très difficile de manipuler les chiffres, comme pour les violences aux personnes. Un vol de voiture peut passer à la trappe, pas la plainte d'une personne munie d'un certificat médical. Or en 2006, comme les années précédentes, ces violences sont en augmentation. Cet exemple est le signe de la manipulation statistique et de l'échec des méthodes répressives.

 

 

L'inflation des lois sécuritaires n'est donc pas la solution ?

 

Depuis 2002, cette succession de lois a privilégié la prison comme seule réponse, en criminalisant les délits, en alourdissant les peines, en étendant les possibilités de détention provisoire et de comparution immédiate, en réduisant l'accès à la libération conditionnelle et à la remise de peine, etc. Aujourd'hui, il y a 10 000 détenus de plus qu'en 2002, mais cet accroissement n'a pas eu le moindre effet sur la délinquance. C'est la preuve que la prison comme réponse unique n'est absolument pas la solution.

 

Interview paru des l'Humanité

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Publié dans Interview

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G
Cher Lomig,<br /> Je respecte bien entendu votre opinion. Je suggère que, pour nous aider à comprendre votre point de vue, vous nous donniez quelques arguments qui étayent votre pensée...<br /> Ce sera bien plus performant qu'un slogan du type : "c'est de l'idéologie"...<br /> Je suis de ceux qui souhaitent leurs retours avoués. Au moins, nous pourrons discuter en connaissance de cause et sans faux-nez...<br /> A vous lire...<br /> Gérard CONTREMOULIN
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L
Pour qui a vu l'émission Ripostes de M.Moati, qui recevait Sarkozy, ce monsieur portelli est un sombre idéologue, indigne de sa fonction de magistrat. Il essaye de manipuler les chiffres.Allez donc voir l'émission. Ce n'est guerre étonnant qu'il ne trouve un auditoire qu'à L'huma : entre idéologue obtus on se comprend bien...Au lieu de désinformer les gens , vous feriez mieux de réfléchir.cordialement,
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