Bayrou sur la voie de Guy Mollet : sans nous !

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

 

 

Suivre avec François Bayrou la voie de Guy Mollet ? Non !

 

 

Renforcer la frontière gauche/droite et rassembler les forces de gauche, c'est faire gagner la gauche.

Bayrou et Sarkozy sont deux faces du libéralisme.

Bayrou considère que le Code du travail est un « Code de procédures », qui organise la protection des salariés dans le moindre détail. Il veut le transformer en un « Code de principes », qui se réfère à des principes généraux et dont l’interprétation se fera au cas par cas, selon le rapport de forces local.

Mais, pour obtenir un « Code de principes » il faut démanteler l’actuel « Code de procédures », il approuve donc la réécriture de Code du travail, entreprise par le gouvernement actuel.

Sarkozy soutient cette réécriture car elle permet de gommer les procédures « tatillonnes », « complexes », elle conduira à laisser plus de place aux « négociations entre partenaires sociaux », et à faire reculer les lois protectrices.
Ils  soutiennent tous deux le projet du Medef qui veut que les contrats permettent de faire exception à la loi.

 

 

Bayrou et Sarkozy s’opposent seulement sur la façon de battre la gauche durablement.

Sarkozy considère qu’il faut écraser le mouvement social qui nourrit la gauche et qui attend d’elle la fin de la casse sociale qu’organisent la droite et le Medef.

Il reprend à son compte la stratégie que, en août 1995, Madelin avait formulée pour la droite : « il nous faut un nouveau Mai 68 et le gagner ». C’est la stratégie de Thatcher qui, en cassant la grève des mineurs, a assuré une victoire durable de la droite, y compris en ouvrant un boulevard à Blair qui, ultérieurement, allait conquérir la majorité du Parti travailliste.

C’est cette voie qu’a voulu emprunter Juppé en novembre 1995 par sa réforme de la Sécu, Fillon au printemps 2003 par sa réforme des retraites et Villepin au printemps 2006 avec le CPE. N’ayant pu casser le mouvement social, ils ont jusqu’ici échoué.

Si Sarkozy l’emportait le 6 mai, il aurait les moyens de préparer et de gagner cet affrontement central.

 

 

Bayrou parie sur la division de la gauche et cherche à l’étouffer dans une alliance de « troisième force », celle avec laquelle Guy Mollet et la SFIO (le PS de l’époque) s’étaient noyés.

La constitution d’une alliance de « troisième force » était une politique de division de la gauche, de refus de s’allier avec le PCF, conformément aux consignes qui présidaient à la « guerre froide ». Elle consistait en l’alliance d’une partie de la gauche avec une partie de la droite, notamment la démocratie chrétienne (à l’époque c’était le MRP de Georges Bidault, aujourd’hui ce serait l’UDF de François Bayrou).

Cette stratégie de Guy Mollet a brouillé les frontières entre gauche et droite. La SFIO de Guy Mollet a terminé à 5 % des voix, avec Gaston Deferre, lors de l’élection présidentielle de 1969. Les électeurs socialistes, déboussolés, s’étaient volatilisés en abstentionnistes de gauche.

C’est dans cette stratégie que Bayrou voudrait enfermer Dominique Strauss-Kahn et Bernard Kouchner. Il espère ainsi faire éclater le PS pour que la division de la gauche soit complète.

 

 

Ségolène Royal doit s’engager dans la voie de l’unité de la gauche pour battre Sarkozy et Bayrou

Au premier tour de l’élection présidentielle de 1969, la gauche totalisait 30 % des voix exprimées : Duclos (PCF) 21 %, Deferre (SFIO) 5 %, Rocard (PSU) 3 %, Krivine (LC) 1 %.

C’est François Mitterrand qui, tirant les leçons de cette déroute, au congrès d’Epinay de 1971, convainquit le PS de s’engager dans la constitution d’une « Union de la gauche ». Le programme commun de la gauche fut signé en 1972 : c’était le premier résultat politique de Mai 68, différé de quatre années.

Aux élections législatives de 1973, l’Union de la gauche réunissait 48 % des voix. De 1969 à 1973, la gauche passait de 30 % à 48 % : les électeurs n’étaient pas brusquement devenus de gauche, mais les électeurs de gauche, dispersés par l’abstention en 1969, s’étaient remobilisés puisque, en 1973, la gauche disposait des moyens de gouverner à gauche.

 

 

Aujourd’hui, les sondages, sans constituer une prévision, indiquent que 40 % des électeurs, pour l’essentiel des électeurs de gauche, sont indécis. Il est donc urgent de mobiliser maintenant tous les électeurs de gauche. L’heure est donc à l’unité de la gauche.

 

 

C’est pourquoi, Ségolène Royal doit proposer une rencontre à tous les candidats, représentatifs d’un courant de gauche, qu’ils aient obtenu ou non les 500 signatures.
 

 

Une telle rencontre, suivie d’autres et de déclarations faisant état de convergences réelles, point par point, sera une démonstration de démocratie. Chaque déclaration permettra de confronter les propositions de chaque courant, de les rendre visibles, de recentrer le débat public sur les propositions de la gauche, de montrer la coopération qui existe à gauche et d’affirmer le refus de toute alliance avec un quelconque courant de droite, que ce soit Bayrou ou quiconque.

C’est ainsi que les propositions de la gauche perceront la barrière des médias.

Avec les cent propositions présentées par Ségolène Royal à Villepinte, la campagne socialiste commence à répondre aux exigences des électeurs de gauche. Sa réponse aux 10 000 licenciements d’Airbus (et aux milliers de licenciements secs qui toucheront les sous-traitants), « l’Etat peut et doit faire », s’oppose aux prises de position de Sarkozy et Bayrou. Ce dernier maintenant sa position : « l’Etat ne doit rien faire ». Une réponse commune de plusieurs candidat-e-s de gauche, permettra d’opposer la gauche et la droite.

C’est ainsi que se prépare un possible accord de gouvernement. On sait qu’il est possible entre PS (S. Royal), PCF (M-G. Buffet), Verts (D. Voynet) et l’Alternative anti-libérale (J. Bové) puisque ces quatre candidat-e-s se prononcent pour le désistement à gauche lors du second tour.

Cette perspective permettra de sortir la gauche d’une division qui l’affaiblit : sortir le PS de son isolement, qui lui laisse peu de réserves pour le second tour, et sortir les collectifs anti-libéraux de l’impasse dans laquelle ils se sont enfermés et qui explique leur éclatement entre Olivier Besancenot, Marie-George Buffet et José Bové.

 

 

Faire gagner la gauche c’est d’abord construire son unité et son indépendance.

 

 

11 mars 2007

Pierre Ruscassie

 
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Publié dans Formation

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D
Puisque tu portes autant de crédits aux sondages, remarque que Ségolène Royal ne bouge plus. Il y aura un réflexe vote utile malgré les manoeuvres de l'UMP à donner ses signatures à Besancennot et Bové. Le vote utile est d'ailleurs ce qui affaiblit la gauche de la gauche.Le candidat le plus fragile n'est peut-être pas notre candidate. Bayrou à sa "gauche", Le Pen, Villiers à sa droite. Les choses ne me semblent pas aussi mal engagées... au risque de me répéter. Même Balladur a durement critiqué la campagne de Sarkozy. Remarque, en terme de mauvaise campagne, il s'y connaît le Balladur !Quant au discours de Ségolène Royal, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, il me semble fondé sur le socle des valeurs socialistes. Chevènement, dont j'ai toujours été proche sur le plan intellectuel, ne s'y est pas trompé... lui. La forme ne doit pas occulter le fonds. Et vous accordez tous une importance disproportionnée à la forme. La mitterrandie historique n'a ajamsi eu de mots aussi durs vis à vis de son mentor. C'est dur de construire une campagne lorsque vos co-locataires politiques vous observent en permanence, toujours prompts à ferailler. Ce rôle est normalement celui qui échoit à l'opposition. Je ne comprends pas à quoi tous ces gens jouent. A qui perd gagne ???
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D
Je ne peux pas te laisser raconter n'importe quoi.Tu avais publié un mail qui était une correspondance privée sur un espace public. Tu t'étais servi de  l'un de mes propos à contre sens en pleine campagne interne pour décrédibiliser notre démarche interne.Sache que, si tu ne l'as pas digéré, je ne l'ai pas digéré non plus. L'offensé dans cette affaire, c'est moi. Ne nous trompons pas !!!Je ne vois pas le rapport de cette affaire avec le commentaire que j'ai posté.Je n'y vois d'ailleurs aucun contre-sens. Le contre-sens me semble émaner du propos que tu as reproduit sur ton site. Guy Mollet, chef de la SFIO, était le champion d'un discours de gauche et d'une pratique politique extrêment "molle". C'est en ce sens que j'ai publié ce commentaire. Et franchement, je ne vois pas le rapport avec François Bayrou, sauf à essayer d'éteindre des contre-feux !
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G
J'aime ce ton "important" de donneur de leçon offusqué... Mais point trop n'en faut quand même. Mais les choses sont trop sérieuses aujourd'hui et je te laisse la polémique à deux balles.<br /> Il ne s'agit pas "d'éteindre des contre-feux" à propos de Bayrou, mais, au contraire, d'en allumer. Et dénoncer la droite dans toutes ses composantes (de l'UDF au FN).<br /> Je refuse que l'on se taise la réalité ! Je suis de ceux qui pensent qu'il est absolument nécessaire de s'attaquer frontalement à la droite et que l'on aurait du le faire depuis longtemps. Certains ont préféré s'ingénier à chercher une autre manière de faire de la politique, estimant que la première était surrannée. On peut en évaluer, aujourd'hui le résultat. Et tant les sondages que les commentaires entendus ici et là, chez les enseignants, chez les salariés (je rappelle que je suis responsable syndical à l'UNSA Education) montrent que nos concitoyens ont encore du mal (à 38 jours du premier tout !) à percevoir les éléments qui leur feront faire leur choix... C'est extrêmement préoccupant. C'est dans ce contexte que Bayrou (homme incontestablement de droite) fait son miel ! <br /> Etait-ce le moment pour notre candidate de regretter publiquement, le peu de participation des "éléphants" alors que c'est elle qui, au lendemain du 16 novembre, a déclaré qu'avec ce score, il n'était pas question de "négocier"... Qui le lui demandait ? Mais le message était siffisamment clair et dissuasif pour comprendre qu'ils n'étaient pas les bienvenus... Certains, à Désirs d'Avenir, en faisaient même un argument de campagne...<br /> C'est ce courant qu'il faut remonter ! Car Royal ne gagnera pas sans afficher CLAIREMENT ses options de gauche, CONTRE celles de la droite et du libéralisme.<br /> Lorsque je m'adresse aux camarades, je ne mets aucun guillement, même s'ils ne suivent pas le même chemin à gauche que moi. Simplement par respect pour la sincérité de leur engagement et par souci de préparer l'avenir, c'est-à-dire le moment où nous aurons besoin d'eux.<br /> De ce point de vue, l'arrogance qu'affiche ces guillemets me gêne profondément. Et je ne suis pas le seul...<br /> <br />
D
<br /> Yves Guyet joue aux apprentis sorciers !<br /> <br /> Il semblerait que certains de nos “camarades” soient en pleine perdition intellectuelle au point où ils en appellent à voter Bayrou !!! Ils n’ont toujours pas, semble-t-il, digéré la désignation de Ségolène Royal qui, selon eux, serait la marque, je cite, d’un naufrage intellectuel. Je tiens ici à saluer tout particulièrement leur sens aigüe de la démocratie, sachant que 60% des adhérents du Parti Socialiste se sont prononcés clairement en faveur de Ségolène Royal.<br /> Le machiavélisme de leur pensée repose sur la nécessité de reconstruire la gauche et, sans doute, le parti socialiste dont ils n’ont pas accepté la présence de nouveaux adhérents, venus perturber leur entre-soi. Pour eux, les carottes sont cuites et ils en appellent au vote de recomposition d’une gauche pure et dure d’obédience mollétiste qui peine à atteindre les 10%. Vote de recomposition ou de décomposition ? Ces grands stratèges n’ont strictement aucune considération pour la France, pour nos concitoyens qui souffrent d’une politique qui nous affaiblit et nous appauvrit. Ils donnent d’eux-mêmes la pire de toutes les images : celles de politicards, de combinards en plein renoncement avec les valeurs de la gauche.<br /> Alors la question qui est à se poser est la suivante. Dans ces conditions, pourquoi reste-il au Parti socialiste ? Sans doute, parce qu’ils sont, plus que d’autres, conscients de la difficulté de se faire élire sous l’étiquette “gauche de la gauche” dans notre pays.<br /> Bayrou n’est que le produit des médias et de l’inculture politique de nos concitoyens. En ouvrant la boîte de Pandorre, ils endossent la responsabilité de reconstruire des “extrêmes”. Dans la crise que connaît la France, avec un Front National qui frôle les 20%, c’est prendre un risque considérable !<br /> <br /> D.S.<br />
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G
Ce blog se veut un espace de débat, même "rugueux". Il essaie de se faire l'écho des débats qui agite la gauche - dans son ensemble -<br /> Chaque article est signé de son auteur. Il serait bon, dans nos commentaires, de ne se tromper ni d'article ni d'auteur... Celui-ci est signé de Pierre RUSCASSIE et non d'Yves GUYET. Notre camarade Denis (sans guillemet) doit savoir que j'ai eu connaissance des articles de l'un et de l'autre. Il observera, comme tout le monde ici, que si j'ai publié celui de Ruscassie, je n'ai pas publié celui de Guyet... Ce n'est pas un hasard. <br /> Je le remercie donc, par avance, de se tenir, dans son commentaire, au texte publié. <br /> Mais, puisqu'il prend l'initiative, lui, d'établir dans son commentaire, le lien avec cet article, sans m'avoir préalablement demandé mes intentions à ce sujet, je lui rappelle ses propos des premiers temps de l'existence de ce blog. Propos qui me menacaient de constat d'huissier si je ne retirais pas, sous 24 heures, une citation de lui-même... <br /> "Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais". <br /> Je ne suis pas un censeur, je ne retirerai pas son propos ! Mais chacun appréciera... Mais j'observe là que c'est décidément un bien curieuse pratique que cette "nouvelle façon de faire de la politique".<br /> Quant à dire que la candidature BAYROU "n'est que le produit des médias", après ce que l'on a vécu en octobre et novembre au PS, ça ne manque pas de sel !!!<br /> Attention quand on évoque "l'inculture politique de nos concitoyens" comme il dit... C'est un boomerang !<br /> <br /> <br />  <br />