"Le carrefour des idées" à la fédé. Chaque mardi dès 19h00

Publié le par Gérard CONTREMOULIN


Jean
Jaurès et le courage
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Pour le « Carrefour des Idées » de mardi soir dernier, j’ai « potassé » le Discours à la Jeunesse que prononça Jean Jaurès, le 30 juillet 1903 devant les élèves du Lycée d’Albi, où il fût lui-même élève et professeur.

Si l’on se donne la peine de chercher en quoi ce discours nous concerne encore aujourd’hui, on y trouve matière à nourrir notre engagement de militante, de militant socialiste.

Je me permets de choisir des extraits de ce qu’il dit à propos du courage.

Peut-être qu’un prochain mardi, quelques  camarades choisiront de ne pas me laisser seul au local de la Fédé. ? Et qu’ils et elles viennent avec l’envie d’échanger des « idées » pour comme le dit Jaurès, avoir le souci d’ « être des praticiens et des philosophes ».

Bernard Bonnechère
30/10/2007
 


« L’Histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention, et la perpétuelle création. »

« Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.

Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.

Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le monde et des perspectives plus étendues.

Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.

Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.

Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés.

Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.

Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.

Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains à l’applaudissement imbécile et aux huées fanatiques.

Jean Jaurès


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Publié dans Formation

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