METZELER : une lutte exemplaire !
METZELER (II)
Point de la situation, lundi 19 mars, 17h30 par Catherine PICARD
Lundi 19 mars, 17h15. La direction semble accepter d'ouvrir des négociations. Elle est entrée dans l'usine avec les délégués de tous les syndicats. Est-elle en train de lâcher du lest ? Les représentants des donneurs d'ordre (Renault notamment) sont là ! La guerre des nerfs sur fond de rupture de stock commence... Les salariés ont maintenant leur avenir au bout de la négociation. Courage les amis. Nous sommes avec vous !
Reprenons le fil des évènements...
Samedi 17 mars, 14h30. Les camions arrivent à l'entrée de l'usine pour déménager en Tunisie les machines. Voir Metzeler I sur le blog
Dimanche 18 mars, 19h00. La mobilisation contre le coup de force de la direction, commencée samedi en début d'après midi, est toujours très forte. Les commerçants, très inquiets par l'éventualité de la disparition de 300 emplois, ont livré merguez, grillades, saucisses, pain. La solidarité s'affirme. Les militants apportent le bois pour les braséros et les grills "de campagne". Le repas s'organise. Les élus socialistes et communistes sont là : Catherine Picard, Daniel Bellavoine, Jacques Poletti, Laure Dael, Laurent Longet, Eric Lequilerier.
20h30. L'équipe de nuit arrive. Par petit groupes, les salariés échangent leuirs impressions sur l'évolution de la situation. Moment de tension, le directeur arrive sur le site accompagné de plusieurs personnes dont le Chargé des Ressources Humaines. Bref échange entre eux et les responsables du CE.
Le contenu de cet échange est invariable en pareille situation, quel que soit le lieu où il se déroule. Le patron : d'accord pour négocier à condition que vous arrêtiez le mouvement et que tout rentre dans l'ordre (ici, cela veut dire : que vous laissiez repartir les camions !). Le délégué syndical : pas question. Nous demandons une négociation et selon son résultat, nous déciderons de la suite du mouvement. Le patron : Non. Débloquez l'entrée et laissez entrer les 900 salariés qui veulent travailler.
Le responsable du mouvement, (du syndicat CDTM, largement majoritaire), prend le mégaphone et explique ce qui est en train de se passer. Le directeur s'éclipse mais le RH reste... La poursuite du mouvement est mise au vote : le OUI est unanime. Les quelques salariés CFDT étaient entrés pour rejoindre leur poste de travail...
C'est alors que le RH va s'ingénier à discuter avec des salariés à l'extérieur de l'usine, tentant de les convaincre d'arrêter le mouvement.
Le responsable du CE va alors reprendre le mégaphone pour expliquer que la direction ayant refusé de négocier dans le cadre normal, c'est-à-dire à l'intérieur et avec tous les délégués syndicaux, le RH est en train d'essayer de manipuler. Effet réussi, le RH voit fondre les salariés autour de lui...
Daniel Bellavoine, maire de Charleval, apporte le soutien de tous les élus présents, après les avoir tous nommés.
Le patron, revient en compagnie d'un huissier. Un dimanche soir, il en a trouvé un (en l'occurrence une) alors que les salariés, le matin, n'y avaient pas réussi !!! Bizarre... Il entre dans l'usine. Que cherche-t-il à établir : que les grévistes auraient fait subir des dégradations au matériel ? Il ne trouvera, évidemment rien ! Les salariés savent respecter, eux, leur outil de travail...
La nuit s'annonce mobilisée, chaude malgré le temps !
22h00 : nous repartons en se donnant rendez-vous pour lundi 5h00, pour l'arrivée de l'équipe du matin.
Lundi 19 mars, 5h00. La neige nous accompagne vers Charleval. L'équipe du matin arrive. Explication de la situation aux arrivants. Certains découvrent le mauvais coup que ceux du samedi ont réussi à éviter. Nouveau vote. Nouvelle décision de poursuite, une majorité se prononçant pour et aucune voix contre ! Jean-Luc Etur, maire de Letteguives, nous rejoint. Des représentants CGT de Thorn, entreprise des Andelys, sont présents pour apporter leur soutien...
L'entrepôt Metzeler de Fleury est bouclé. Il contient le stock disponible pour les donneurs d'ordre...
Nous restons. Vers 8h30, Les cadres se regroupent sur le parking, à 300 m de l'entrée. On ne se mélange pas à Metzeler ! Le directeur arrive. Après un aller retour : parking-porte, où l'échange de la veille se réédite, il finit par entrer avec les cadres et le RH. Les salariés continuent.
Il avait confié aux journalistes présents qu'il n'avait rien à leur dire puisque cette grève était avant tout "politique" ... Cher homme ! Parce que les délocalisations, elles, ne le sont pas, peut-être ?
Des semi remorques arrivent. Ils sont dirigés vers un espace de stationnement. Les Metzeler ont le souci de la sécurité.
Catherine Picard joint Michel Ranger, 1° vice président de la Région, qui est en séance ce lundi. Il charge Catherine de représenter la Région à Metzeler. Il proposera à l'assemblée régionale une motion de soutien aux Metzeler. Nous apprenons que d'autres mouvements sont en train de se former, car la méthode des délocalisations s'intensifie...
Nous partons vers 9h45. Rendez vous en fin d'après midi. On reste en contact téléphonique.
Marcel Larmanou, conseiller général, maire de Gisors, vient apporter son soutien.
13h00. Arrivée de la deuxième équipe. La poursuite du mouvement est mise au vote. Unanimité pour la poursuite !
Au flash de 15h00, "France Inter" ouvre avec la situation de Metzeler. Le refus de la direction est affichée haut et fort.
Un courrier de Michel Ranger, 1° secrétaire fédéral PS de l'Eure
Cher(e) Camarade,Tu n'es pas sans savoir la situation explosive de l'entreprise Metzeler de Charleval.Tous nos élus locaux sont sur le terrain, et auprès des salariés, depuis vendredi dernier.Il y a plusieurs semaines, dans le cadre de la campagne présidentielle, Catherine Picard avait invité Alain Vidalies, député des Landes, secrétaire national au parti socialiste chargé des entreprises pour une réunion , ce MERCREDI 21 MARS à 20 h 30 dans cette même commune, salle Charles IX.Inutile de te dire que la venue d'Alain Vidalies devient un évènement départemental.C'est pourquoi, j'ai le plaisir de t'inviter à rejoindre tous nos camarades du secteur en signe de solidarité.Amitiés socialistes.Michel RANGERPremier Fédéral