Vie Syndicale : L'Evènement !

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La Confédération Syndicale Internationale est créée aujourd'hui à Vienne pour lutter notamment contre les méfaits de la mondialisation.
 
LIBERATION : mercredi 1 novembre 2006
 
 
Ils seront 166 millions d'adhérents, partout dans le monde. Et ça, est-ce que ça fera enfin le poids ? Une nouvelle internationale naît aujourd'hui, à Vienne : la CSI, Confédération Syndicale Internationale, qui regroupe 309 syndicats de 156 pays. Pour contrer les méfaits de la mondialisation, ses délocalisations, pour soutenir les militants bafoués dans des dizaines d'États-voyous.
 
C'est la première fois en un siècle qu'un syndicat mondial réunit si large. La Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL, réformiste) et la Confédération Mondiale du Travail (CMT, chrétienne) se sabordent et fusionnent dans la CSI. Huit autres syndicats nationaux sans affiliation mondiale, comme la CGT française, ont décidé de les y rejoindre.
 
La CSI n'est pourtant pas parvenue à réunir les 3 courants du syndicalisme, déchirés depuis les années 20 : réformiste, chrétien et communiste. L'héritière de ce dernier, la Fédération Syndicale Mondiale (FSM, communiste), a refusé d'y participer, reprochant à la CISL «ses compromis et concessions». Vendredi, l'Anglais Guy Ryder, secrétaire général de la CISL, devrait être élu à la tête de la nouvelle confédération.
 
Pour la première fois de leur histoire, la CGT, la CFDT, FO et la CFTC sont donc réunies dans une même organisation mondiale. «Depuis 1994, nous n'étions adhérents à aucune d'entre elles. Et pendant ce temps, la mondialisation, elle, a progressé, élargi ses dégâts, mis en concurrence les salariés, délocalisé, rapporte Guy Juquel, responsable de l'international à la CGT. La nouvelle internationale n'est pas la simple fusion de 2 grosses confédérations existantes. C'est un outil pour promouvoir un nouveau syndicalisme mondial. Reconnaissons-le, jusqu'à présent, nous n'avons pas été très efficaces.»
 
Les principes de la CSI sont déclinés dans un document d'orientation : «Le travail humain a une valeur supérieure au capital.» Ou encore : «Changer la mondialisation afin qu'elle fonctionne en faveur des travailleurs, des sans-emploi et des pauvres.» Et enfin : «Développer un syndicalisme de transformation sociale.» Lecture cégétiste : «On quitte la culture de pur lobbying auprès des instances internationales, pour un syndicalisme plus combatif, plus revendicatif.»
 
Premier objectif de la CSI : organiser une journée d'action mondiale pour la défense des droits syndicaux. Puis, plus difficile : faire le poids face aux multinationales. «On tente d'organiser une mobilisation à Moscou, pour contraindre Carrefour à cesser de faire obstacle à la mise en place de syndicats dans sa filiale russe», témoigne Guy Juquel. Faire masse, parler d'une seule voix. «Nous ne devrons pas rester dans une posture de dénonciation. Mais faire appliquer les normes internationales dans tous les pays. C'est le premier pas contre le dumping social, qui concerne les travailleurs des pays en développement comme ceux des plus riches», analyse Anousheh Karvar, chargée des questions internationales à la CFDT.
 
Il faudra à la CSI soutenir les militants des pays à vieilles traditions syndicales, où les adhésions s'effritent. Aux États-Unis, le taux de syndicalisation a chuté de moitié en une quinzaine d'années. Il lui faudra aussi venir en aide aux syndicalistes des États autoritaires, où la répression ne cesse de s'étendre et où certains paient leur engagement de leur vie.
 
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Publié dans Analyses

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