Présidentielles : la commission Nationale des comptes de campagne rend ses travaux...
Sarkozy et Royal ont dépensé des milliers d'euros en maquillage
Source : NOUVELOBS.COM | 19.01.2008 | 13:38
Les 2 finalistes de l'élection présidentielle de 2007 ont dépensé respectivement 34.445 euros et 51.659 euros pour bien passer à la télévision.
La Commission nationale des financements politiques a passé au peigne fin les dépenses des 12 candidats à l'élection présidentielle de 2007 pour valider leurs comptes. Des dépenses parfois sans lien évident avec le scrutin comme les frais faramineux de coiffure ou de maquillage de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy qui ont dépensé respectivement 34.445 euros et 51.659 euros en frais de maquillage pour bien passer à la télévision. La commission, qui a publié le 10 janvier au Journal Officiel les comptes des 12 candidats à l'élection de 2007, a eu quelques surprises en épluchant les dépenses des candidats.
Nicolas Sarkozy a ainsi inclus une somme de 34.445 euros sous l'intitulé "frais de maquillage". Interrogé sur ce montant, le porte-parole de l'Élysée David Martinon a rappelé que le candidat Sarkozy avait eu recours au service d'une maquilleuse pour bien passer à la télévision. Cette dernière l'accompagnait dans tous ses déplacements. "Je vous confirme que le candidat Sarkozy était maquillé lorsqu'il passait à la télévision", a-t-il souligné. "Qui entre dans un studio de télévision en n'étant pas maquillé? C'est une manière de respecter le téléspectateur que de présenter un visage avenant." La commission nationale des comptes de campagne a estimé qu'il s'agissait "de dépenses habituellement de nature personnelle et imputées au compte pour un montant manifestement excessif". Elle les a donc ramenées au tiers de son montant et retranché 22.963 euros du compte de campagne du président élu. Ségolène Royal a connu le même sort. Les 51.659 euros de frais de maquillage et de coiffure de la candidate socialiste ont été réduits d'un tiers.
Si ces sommes représentent des gouttes d'eau dans les dépenses totales engagées par les 2 finalistes, la Commission s'est ainsi attachée à débusquer et parfois retoquer toutes celles qui lui paraissaient non conformes voire exagérées. Ainsi des 53.581 euros dépensés par Ségolène Royal pour équiper son QG du boulevard Saint-Germain d'appareils de détection pour parer d'éventuelles écoutes, dépense jugée "non spécifiquement destinée à obtenir des suffrages". Ou encore les 50.073 euros de repas servis au siège de campagne de Nicolas Sarkozy ou pris à proximité dont "le caractère électoral n'a pas pu être démontré". Les deux finalistes de la présidentielle n'ont pas été les seuls à voir certaines de leurs dépenses non prises an compte par la Commission.
Elle a également rejeté du compte de Jean-Marie Le Pen 157.110 euros dépensés pour une réception en l'honneur de militants ayant participé à sa campagne. Idem pour les 48.642 euros versés aux 6 personnes ayant cherché pour lui des parrainages, mais pour lesquels le leader du FN n'avait pu fournir de contrat de travail ni convention de prestation.
Dominique Voynet quant à elle ne percevra pas de remboursement pour les 787 euros d'amendes SNCF qu'elle à fait figurer à ses comptes de campagne.
De son côté, José Bové ne se verra pas restituer les 2.912 euros "correspondant au prix des abonnements des téléphones portables personnels des membres de son équipe de campagne". Des frais que ces personnes auraient payés de toute façon en l'absence de toute campagne électorale, a estimé la Commission.
Hormis quelques rectifications, la commission a validé les comptes de l'ensemble des candidats, dont aucun n'aura dépassé le plafond de 21 millions d'euros. Le plus dépensier aura été Nicolas Sarkozy (20,96 millions d'euros), devant Ségolène Royal (20,61 millions), François Bayrou (9,72 millions) et Jean-Marie Le Pen (9,31 millions).
Gérard Schivardi a été le plus économe avec 712.988 euros dépensés.
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