Le colosse vacille mais ses pieds ne sont pas d'argile !
La crise du MEDEF
Il peut paraître assez curieux qu'après la défaite de la gauche, la victoire de Sarkozy, au moment où il met en oeuvre les premières mesures d'une politique tout au service des grosses fortunes de ce pays, qu'entre les représentants du vrai parti de la Bourgeoisie, détentrice des Capitaux, des Entreprises et donc des emplois : le MEDEF, une crise éclate.
Et quelle crise ! D'abord révélations de ponctions répétées de fonds en liquide, puis mise en cause des syndicats ouvriers par le patronat et maintenant aveux d'une machine de guerre anti syndicale ! Dans ce contexte, les équilibres internes au MEDEF (industrie - tertiaire) entrent en tension et font réapparaître les luttes internes, révélant au passage la grande fragilité de Mme Parisot.
De révélations en révélations, non seulement le montant des sommes prélevées augmente par palier de 5 millions d'euros (!), mais les langues se délient et finissent par avouer que le patronat (grâce notamment à sa principale composante : l'IUMM) a bel et bien joué le rôle de "casseur de grève" d'une façon systématique, voire "industrielle" depuis le 19° siècle et l'époque des "Maîtres de forges" (Comité des Forges : 1864). Cela laisse à penser qu'il peut aussi avoir joué la division syndicale et enfoncé dans la plaie le coin de l'argent au sortir de la 2° guerre, lors de la scission de la CGT...
Le patronat va devoir d'abord régler cette crise majeure avant de pouvoir réafficher son habituelle superbe face à la dégradation des conditions de vie d'un nombre croissant de nos concitoyens !
Mais, ne nous y trompons pas. Cette crise fait le jeu de Sarkozy !
Sa "rupture" est aussi la rupture avec les plus anciens de son propre camp... Car ces anciens-là agissaient dans une perspective paradoxalement plus "sociale" que lui... La rupture avec ce que la droite gaulliste et le tripartisme de l'après guerre avait accepté de "lâcher" sous la pression sociale, malgré le torpillage du CNPF (MEDEF de l'époque) ... Il était encore trop tôt pendant la campagne pour qu'il le dise... Alors il préféra lancer son ridicule "il faut en finir avec Mai 68". Mais, c'est tout ces acquis sociaux qu'il entend reprendre complètement. Juppé, Raffarin et Villepin (c'est-à-dire Chirac) ont bien entamé le travail, il entend le finir à sa manière. Même (et peut-être surtout) si, au passage, ses anciens soutiens doivent payer la note ! C'est bien d'une contre révolution qu'il s'agit, la casse de tous les acquis du programme du Conseil National de la Résistance.
Mais combien de temps tout cela durera-t-il ? Cela dépend de nous !
Face à la guerre interne au sein de MEDEF, guerre de position pour en reprendre le contrôle, il y a une vraie mobilisation sociale contre leur politique commune (Sarkozy-MEDEF). Et la mobilisation qui commence est une confrontation centrale avec le pouvoir.
Ne nous détournons pas de l'essentiel. Il faut rester mobilisés pour le retrait des mesures anti sociales : retraites, régimes spéciaux, franchises médicales, emplois publics, services publics !
Car si le colosse vacille, ses pieds ne sont pas d'argile !
Gérard Contremoulin
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