ARIS (Reuters) - François Hollande a demandé lundi à Nicolas Sarkozy de fournir des précisions aux Français sur la situation en Iran, au lendemain de déclarations de Bernard Kouchner qu'il juge "inquiétantes".
En clôturant la journée parlementaire du Parti socialiste à Paris, le premier secrétaire du parti a en outre réclamé un débat au Parlement sur ce sujet.
"Le principe de précaution s'impose je demande donc qu'un débat vienne au Parlement (...) Nous ne participerons à aucune réaction unilatérale en dehors des Nations unies", a-t-il déclaré à la tribune.
"Je ne sous-estime pas le moins du monde la menace et le risque de prolifération nucléaire mais on ne parle pas de guerre si on n'a pas pris toutes les garanties qu'elle ne viendra pas ou que si elle doit venir elle ne soit (pas) un acte unilatéral", a-t-il ajouté devant les députés et sénateurs réunis à la Maison de la Chimie.
"Il faut que le président de la République s'exprime là-dessus. Il avait déjà lui-même évoqué dans son discours devant les ambassadeurs un éventuel bombardement de l'Iran. Mais là, c'est allé plus loin puisqu'il faut se préparer au pire, a dit Bernard Kouchner", avait auparavant déclaré François Hollande à la presse.
"Je demande à ce que (...) le président de la République nous éclaire sur la situation en Iran et sur ce qu'est la réalité de la menace et l'éventuelle participation de la France à une opération dès lors qu'elle a été évoquée par le ministre des Affaires étrangères", a-t-il dit.
Le chef de la diplomatie française a déclaré dimanche, lors du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, que la communauté internationale devait "se préparer au pire" dans la crise du nucléaire iranien. "Le pire, c'est la guerre", a-t-il dit quand on lui demandait ce qu'il voulait dire précisément.
Pour François Hollande, "la déclaration de Bernard Kouchner ne peut pas rester sans précision et sans prolongement".
"Dire qu'il faut se préparer au pire, c'est-à-dire la guerre, signifie que le gouvernement, le président de la République ont des informations qui laissent penser que l'Iran va vers la bombe nucléaire et que la négociation est aujourd'hui enlisée, donc un débat au Parlement devrait s'imposer pour que tout soit sur la table", a souligné François Hollande.
"Parler de la guerre c'est suffisamment grave pour qu'on n'en reste pas là".