| Ceci étant dit, nous devons chercher à comprendre ce qui a fondé le rétablissement de la gauche enregistré dimanche dernier. A l’analyse des résultats, 3 grandes tendances se détachent. D’abord le différentiel de participation. La gauche s’est mieux mobilisée qu’au premier tour. Tandis qu’une partie des électeurs de Sarkozy ne s’est pas rendue aux urnes. Celle-ci se concentre dans l’électorat populaire. Les retours de terrain le confirment : beaucoup de ces abstentionnistes ont fait la grève des urnes contre le projet de TVA sociale mis en pleine lumière par Laurent Fabius au soir du premier tour. Ensuite, l’importance de l’ancrage local. Dans la majorité des circonscriptions qui élisent un député de gauche après avoir voté pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle, c’est pour reconduire un sortant. Un vote de soutien aux candidats en place s’est donc manifesté qui n’avait pas été enregistré à la présidentielle. Enfin, la qualité des reports de voix à gauche a fait la différence. Celle-ci est tout à fait spectaculaire. Beaucoup d’élus de gauche lui doivent leur salut. Ces tendances ne tombent pas du ciel. Elles découlent du contenu politique de la campagne. C’est rassurant pour des militants qui entendent changer le monde à partir d’une action consciente et raisonnée… Le grand thème de la gauche entre les 2 tours a été celui de la TVA sociale. D’abord il y a eu un thème central de campagne ! La gauche a su donner au moins une raison précise de voter pour elle, et la marteler pendant plusieurs jours d’affilée. Ensuite, ce thème a été porté par toutes les forces de gauche sans exception. Il a donc été un facteur d’unification des gauches, contrairement à plusieurs propositions de Royal à la présidentielle qui l’avaient profondément divisée. Enfin, il a porté sur la question du partage des richesses, et pointé l’injustice d’un nouveau transfert prenant dans les poches de la majorité pour financer des cadeaux aux plus riches. Sacrée différence là encore avec la stratégie de Royal à la présidentielle qui n’avait pas touché au tabou du partage des richesses et avait choisi de se concentrer sur le terrain de l’adversaire. Si la défaite des législatives est donc moins forte, cela ne la rend pas moins amère. Au contraire. Car la résistance de la gauche confirme qu’avec une autre ligne que celle de l’ordre juste, nous aurions pu gagner la présidentielle. |