Fillon : un défi !

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

François Fillon précise le calendrier des réformes


Source : Les Echos.fr

Élections législatives, dépenses de santé, contrat de travail unique... le Premier Ministre a commenté ce matin sur les ondes les dossiers chauds du nouveau gouvernement.
Première grande déclaration médiatique, radiophonique, pour François Fillon. Le Premier Ministre a évoqué ce matin sur Europe 1 les dossiers chauds du nouveau gouvernement (lire également : " De A à Z, les dossiers prioritaires de la nouvelle équipe"), en en recadrant les grandes lignes et en fixant les échéances, notamment des négociations avec les organisations syndicales.
 
Élections législatives - Les propos du Premier Ministre sur les prochaines élections législatives ont créé la surprise. François Fillon a indiqué ce matin que tout Ministre battu aux législatives serait contraint de quitter le gouvernement. Le Premier Ministre quitterait ainsi lui-même Matignon s'il était battu dans sa circonscription de la Sarthe (par le socialiste Sébastien Le Foll)  car il n'aurait "pas la légitimité pour diriger le gouvernement". "La logique, quand on est battu, cela veut dire qu'on n'a pas le soutien du peuple, on ne peut pas rester au gouvernement: c'est une règle que je m'appliquerai à moi-même puisque j'ai décidé d'être candidat à l'élection législative" a expliqué François Fillon. 11 Ministres, dont François Fillon, sont candidats aux élections législatives des 10 et 17 juin prochains. Le numéro 2 du gouvernement, le Ministre de l'Écologie Alain Juppé, qui est aussi maire de Bordeaux, est en lice dans une circonscription où la socialiste Ségolène Royal était arrivée largement en tête au second tour de la présidentielle.
 
Dépenses de santé. Le Premier Ministre a par ailleurs estimé que les dépenses de santé doivent "être contenues et rationalisées" mais qu'elles allaient augmenter. Interrogé sur le dérapage des comptes de l'assurance maladie, qui s'est accéléré fin 2006-début 2007, François Fillon a déclaré qu'"un des remèdes proposés, c'est la franchise" sur le remboursement des soins. Il a à ce propos minimisé les critiques de Martin Hirsch sur une éventuelle augmentation des franchises. "Martin Hirsch vient de nous rejoindre, donc il n'avait pas lu avec beaucoup d'attention le projet politique sur cette question qui est celui du Président de la République",a déclaré M. Fillon, en ajoutant que M. Hirsch avait finalement "rapidement compris que cette franchise n'était pas ce qu'il craignait" (le système de franchise ne doit pas toucher les plus modestes). "Il y a beaucoup de progrès à faire encore pour responsabiliser l'ensemble des acteurs de notre politique de santé" a-t-il expliqué, en indiquant qu'il ne défendrait pas "l'idée qu'il faut réduire les dépenses de santé". "Les dépenses de santé vont augmenter, parce que la population vieillit et parce que l'objectif de notre société c'est d'apporter un meilleur confort et les meilleurs soins à la population" a-t-il commenté.
 
Contrat de travail. François Fillon a indiqué que le gouvernement donnait "aux organisations syndicales jusqu'à la fin de l'année pour travailler sur la question du contrat de travail unique". "C'est un sujet sur lequel il y a une concertation nécessaire avec les organisations syndicales, c'est un sujet lourd de conséquences, technique et difficile" a estimé le Premier Ministre en indiquant que le dialogue avec les organisations syndicales allait être entamé dès la semaine prochaine, les premières consultations avec les organisations patronales et syndicales commençant vendredi. Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a proposé l'instauration d'un contrat de travail unique "plus souple pour les entreprises", qui "pourrait être rompu par consentement mutuel", sans jamais préciser les contours exacts de ce nouveau contrat.
 
Service minimum. François Fillon a donné mercredi aux syndicats jusqu'à "la fin de l'été" pour faire des propositions sur le service minimum dans les services publics. Faute de quoi le gouvernement proposera un projet de loi "début septembre". Le Premier Ministre a fait valoir que le service minimum est "un sujet sur lequel on a réfléchi pendant 15 ans, sur lequel 80% des Français souhaitent une réforme". "Pour que chacun soit bien conscient de notre volonté d'engager cette réforme, nous allons proposer dans les prochains jours les principes, l'architecture de ce que pourrait être un texte sur le service minimum et on va les soumettre aux partenaires sociaux", a-t-il expliqué, en précisant par ailleurs que si une alternative à la réforme législative était possible, il n' y aurait pas de loi.
 
Emploi des jeunes. Des mesures seront prises dès cet été pour relancer l'emploi des jeunes dans les banlieues, a annoncé François Fillon. Ces initiatives seront "gouvernementales" et non pas législatives.
 
Fusion GDF - SUEZ. François Fillon, a jugé "valable" l'idée de fusionner GDF et Suez, tout en estimant qu'il y avait "d'autres options" et qu'il n'y avait "pas urgence à décider". "On peut encore se donner quelques semaines" a-t-il dit, fixant le terme à "fin juin, début juillet" afin d'"examiner les différentes options possibles". "La France a des grands champions en matière d'énergie", a-t-il expliqué, citant EDF, Areva et Total, mais jugeant que "Gaz de France n'a pas cette dimension-là". "Une chose est certaine : nous ne laisserons pas GDF dans la situation d'aujourd'hui" car "ce serait la fragiliser", a-t-il averti, en n'écartant pas non plus la solution d'un rapprochement avec la compagnie algérienne d'hydrocarbures Sonatrach et "la question des synergies avec EDF". François Fillon a par ailleurs confirmé que le dossier Suez-GDF serait du ressort du Ministre de l'Économie, Jean-Louis Borloo, tout en associant à la décision Alain Juppé. (Consulter le dossier des Échos.fr "Suez - GDF : la fusion en question")
 
Mesures fiscales. François Fillon a souligné que les mesures fiscales prévues par son gouvernement (déduction des intérêts d'emprunt pour l'achat de logement, les exonérations sur les droits de succession, le bouclier fiscal à 50% des revenus) avaient pour but de créer un "choc" et de parvenir à "3%" de croissance, dans un délai non précisé. La prévision de croissance de la France pour 2007 est "entre 2,25% et 2,5%", a-t-il rappelé, en jugeant que ce n'était "pas bien par rapport à la moyenne des grands pays". (Avec AFP)


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