Turquie laïque
Source : LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 13.05.07 | 12h56 • Mis à jour le 13.05.07 | 15h46
lusieurs centaines de milliers de Turcs, plus d'un million selon la police, sont descendus, dimanche 13 mai, dans les rues d'Izmir, la troisième ville du pays, pour exiger le maintien de la lacité qu'ils estiment menacée par le gouvernement du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste. La manifestation, qui avait été précédée la veille par un attentat à la biyclette piégée non revendiqué qui a fait un mort et une quinzaine de blessés sur un marché de la ville, ajoute à la pression qui s'exerce sur le gouvernement Erdogan à l'approche des élections législatives du 22 juillet.
Les manifestants, qui brandissaient des portraits du fondateur de la Turquie moderne Mustafa Kemal Ataturk, se sont réunis sur une place d'Izmir, la troisième plus grande ville de Turquie, située au bord de la mer Egée. Environ 3000 policiers ont été mobilisés pour surveiller les manifestants.
Deniz Baykal, dirigeant du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l'opposition, ainsi que les présidents d'autres partis, devaient participer à la manifestation, qui fait suite à celles organisées, en avril, à Istanbul et Ankara pour le maintien du régime laïque en vigueur depuis les années 1920 dans ce pays musulman.
L'OPPOSITION CONTRE LE SUFFRAGE UNIVERSEL SANS UN DÉBAT PRÉALABLE
La perspective de voir un ancien islamiste, le chef de la diplomatie Abdullah Gül, accéder à la présidence de la République avait déclenché ces dernières semaines de vives protestations des milieux laïques turcs, dont l'armée, qui avait menacé dans un communiqué d'intervenir en cas d'atteinte à la laïcité du régime.
Faute de quorum en raison d'un boycott de l'opposition, M. Gül s'était retiré de la compétition et le Parlement turc avait adopté, dans la foulée, une réforme controversée de la Constitution prévoyant l'élection du président au suffrage universel. Le CHP s'est opposé pour sa part à cette réforme, soutenue par le gouvernement, estimant qu'un débat au sein de la population est indispensable avant de modifier les équilibres institutionnels.