Jeunesse et Sports à l'abandon...
Et l'on n'y parle même plus ni de la Jeunesse ni, encore moins, de l'Education Populaire !!!
Tout au plus cette excellence qu'est l'actuel ministre, Jean-François LAMOUR, bretteur médaillé olympique qui aurait beaucoup gagné à le rester, avoue finalement le projet de Nicolas Sarkozy : réduire ce département ministériel à une ... agence ! Et qui plus est "à cheval" sur une interministérielle !
Vivement que le suffrage universel renvoie ces apprentis sorciers dans leurs foyers pour que Jean-François Lamour cesse de dépecer le ministère dont il avait la charge, au fil de son épée...
Sports : Un ministère à la mer
Source : L'Humanité
Omnisports . Ministère, secrétariat d’État ou délégation interministérielle ? Après la présidentielle, le mouvement sportif pourrait voir sa tutelle rétrécir comme peau de chagrin.
Quinze millions de licenciés, deux millions de bénévoles, 175 000 clubs, 71 % des Français de quinze ans et plus qui pratiquent un sport régulièrement ou occasionnellement. Et tous ces gens sans ministère pour les représenter. C’est ce qui pourrait arriver au lendemain du 6 mai en fonction de l’identité du nouveau président de la République. Par le passé, le Sport a oscillé entre un secrétariat d’État ou un ministère à part entière. Avec pour conséquence des budgets différents. Cette fois, le choix de l’organisation ministérielle aura un tout autre impact sur le mouvement sportif. Entre ministère et délégation interministérielle, l’implication de l’État pour le secteur ne sera pas le même : engagement ou désengagement.
Une inquiétude forte
Jean-François Lamour ne brigue pas sa succession. Mais l’actuel ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative (MJSVA) a son idée sur la question, qui rejoint celle du candidat Sarkozy. « Un ministère délégué au Sports, rattaché à la Santé, a du sens : celui du sport santé, de la prévention, de la lutte contre le dopage. D’autre part, en s’appuyant sur un gros ministère, on doit pouvoir atteindre une enveloppe représentant 3 % du budget de l’État. » Dans ce modèle, la Jeunesse et la Vie associative disparaissent. « Les rapprocher de l’Éducation nationale n’est pas bon. Il faudrait une agence, à cheval sur les services de Borloo (Emploi, Cohésion sociale et Logement), de Robien (Éducation nationale) et d’autres secteurs », conclut Jean-François Lamour.
Sur le terrain, en revanche, on craint cette possibilité. Jean-Pierre Quilgars, directeur administratif du club olympique multisport de Bagneux, coauteur de l’appel « Sauvons le sport » (voir ci-dessous) : « Ce n’est pas la première fois que l’on entend parler des Sports noyés dans un grand ministère de la Santé. Pour nous, c’est une inquiétude d’autant plus forte que l’on en a vu des signes avant-coureurs, comme la transformation du FNDS (Fonds national pour le développement du sport) en CNDS (Centre national...), avec des fonds à 80 % venant du privé. Il faut aussi voir l’Institut national du sport (INSEP), où le privé entre aujourd’hui. Cela augure mal de l’avenir. »
L’évolution du mouvement sportif tourne autour des futures missions que s’attribue l’État. Michel Fouquet, du Syndicat national des professeurs d’éducation physique et sportive (SNEP) estime que son désengagement est déjà réel : « Nous sommes pour un ministère qui considère que la formation des cadres, des entraîneurs, relève du service public. Or, ça a été largement délégué au privé, aux fédérations sportives. »
Une autre répartition des rôles ?
En écho, Jean-François Davoust (CGT) dévoile comment pourrait être régi le sport de demain : « La base de la richesse du mouvement sportif commence par le sport scolaire, que l’on détruit aujourd’hui, puis par le mouvement associatif. Tout cela devrait être structuré par le ministère des Sports. Mais celui-ci n’a plus les moyens d’exercer son pouvoir de contrôle. Il délègue donc de plus en plus ses missions au Comité national olympique. Les centres régionaux et départementaux olympiques se substituent de plus en plus aux directions régionales et départementales du ministère. »
Outre les fédérations, d’autres instances sont prêtes à prendre le relais de l’État : les collectivités locales. Dans sa dernière publication, l’association sports et territoire, qui regroupe des acteurs du monde sportif, propose une nouvelle répartition des rôles. À l’État le financement du mouvement sportif, par l’intermédiaire d’une délégation interministérielle, elle-même en charge de trouver des synergies entre toutes les parties prenantes de ce secteur. Aux collectivités locales le soin de gérer le sport au quotidien : aux régions la tutelle de nouveaux pôles sportifs de haut niveau. Aux départements le sport nature. À l’intercommunalité les équipements sportifs. Aux communes les relations avec les clubs locaux. Aux fédérations sportives des contrats de plan avec l’État pour développer leurs disciplines.
Ministère, délégation ou secrétariat d’État, le choix relève une vision de l’organisation du sport en France. En 2012, date des prochaines présidentielles, les cartes pourraient être définitivement distribuées.
Stéphane Guérard