Soutiens à Bayrou : assez d'anonymat !
L'appel des "Gracques" à l'union PS-Bayrou
"Manifeste" de hauts fonctionnaires socialistes
Et encore un texte anonyme dans cette campagne. Publié dans l'hebdomadaire "Le Point", et signé du pseudonyme des "Gracques" - 2 tribuns de la Rome antique qui ont tenté une réforme du système social, avant une fin tragique -, c'est un appel à une alliance entre le Parti socialiste et François Bayrou.
Ses auteurs seraient un groupe de hauts fonctionnaires "sympathisants ou militants socialistes depuis 30 ans". Aucun nom n'est cité. Mais d'après les informations du journal "Le Monde" (daté vendredi 23 mars), on trouve parmi les signataires quelques personnalités prestigieuses.
Pas de démenti
Le quotidien indique, en effet, les noms de Jean-Pierre Jouyet, ancien numéro 2 du cabinet de Lionel Jospin à Matignon, de Denis Olivennes, le patron de la FNAC, d'un conseiller d'État, Bernard Spitz, d'un banquier Mathieu Pigasse, ancien numéro 2 du cabinet de Laurent Fabius aux Finances. Pas de démenti, ni de confirmation pour l'instant, de la part des intéressés, à qui on peut trouver quelques caractéristiques communes : ils ont tous un passé dans des cabinets ministériels socialistes.
Ils se situent tous aujourd'hui à la frontière entre la politique et l'entreprise. Ce ne sont pas des militants au sens classique. Ils sont plus marginaux par rapport à l'appareil. Et parfois "un peu naïfs", affirme quelqu'un qui les connaît bien dans la sphère socialiste. Le nom de Jean-Pierre Jouyet semble le plus étonnant dans cette liste, car c'est un proche du couple Hollande-Royal.
"Les Gracques" après "Spartacus"
Côté François Bayrou, aucun commentaire. On ne sait donc pas s'il faut reconnaître dans cette liste les portraits esquissés mercredi soir, lors d'un meeting à Paris, par le candidat de l'UDF. "Malgré le verrouillage des appareils, des voix commencent à s'élever, des voix éminentes, pour dire : 'Ce qui est en train de se passer, nous y reconnaissons une partie de l'ardeur et de l'espérance du pays et nous avons envie d'y travailler'. Et vous verrez que dans les jours qui viennent, des personnalités et des sensibilités, des expériences et des compétences qui, d'ores et déjà avant le premier tour, affirment cela", lançait-il alors dans un Zénith bien rempli.
Ce n'est en tout cas pas la première fois qu'un tel manifeste anonyme est rendu public. Fin février, 30 hauts fonctionnaires en activité, se disant "socialistes et Français de gauche", avaient appelé à soutenir François Bayrou sous le pseudonyme de "Spartacus" via une tribune publiée par "Libération". Spartacus qui était, rappelons-le, le chef d'un groupe d'esclaves qui s'était révolté contre Rome... Mais qui avait connu, lui aussi, une fin tragique...
Commentaire GC :
Encore un appel anonyme !
Comment faire comprendre à ces "hauts personnages" de l'Etat que la qualité première en politique, c'est le courage, et notamment celui de signer ses propos lorsqu'ils sont publics ! En sortant du devoir de réserve à laquelle est tenue tout fonctionnaire, "haut" ou moins haut, pour soutenir publiquement un candidat à la présidentielle, ils choisissent - eux-mêmes - de changer de statut. Qu'ils en assument les conséquences, particulièrement vis à vis de la commission de discipline... ou qu'ils attendent, pour leurs carrières, le résultat du choix des citoyens. Mais qu'ils s'immiscent dans le débat politique pour tenter de l'influencer, NON ! Ou alors, qu'ils se nomment !
Cet appel n'est pourtant pas étonnant quant on sait que la haute fonction publique est convertie au libéralisme (ce qui est un comble !) depuis le surprenant rapport du Conseil d'Etat aux accents très libéraux, établi sous la direction de M. Pauchart (dont l'une des fonctions a été d'être Directeur Général de la Fonction Publique).
Sous sa direction d'ailleurs, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique de l'Etat n'a jamais autant adopté de dérogations au statut général des fonctionnaires... Ces dérogations avaient pour objectif d'injecter une "certaine" dose de libéralisme dans les règles qui garantissent l'égalité de traitement des agents publics (exception aux règles de recrutement, rémunération au mérite par l'octroi d'indemnités de sujétion modulables, critères d'évaluation, règles d'avancement accéléré pour certains emplois publics, assouplissement des règles du "pantouflage" (possibilités offertes pour certains "grands" corps de l'Etat d'exercer temporairement des fonctions dans le secteur privé)) .
Alors, que certains hauts fonctionnaires ayant exercé des fonctions en cabinets ministériels ou dans le haut encadrement de la fonction publique, aient envie d'aider celui des candidats qui travestit son engagement à droite par un faux nez de gauche confirme bien cette volonté de François Bayrou de ne rien changer aux lois fondamentales du libéralisme.
Mais cela n'a RIEN à voir avec le bloc central des valeurs et des programmes à Gauche. Les socialistes et leur candidate n'ont RIEN à gagner à une alliance avec le centre qui n'est rien d'autre qu'un avatar de la Droite.
On le voit aux grandes lignes des programmes de Le Pen, Sarkozy et Bayrou. Leurs différences n'est qu'une question de dosage !