Mélenchon : La 6° République
Je regrette d’avoir fait de l’humour à propos de la déclaration de Ségolène Royal sur sa liberté à retrouver. Je viens de comprendre de quoi elle parlait réellement. Ce que je prenais pour une parano de Julien Dray vient de m’éclater à la figure avec l’étouffement en trois jours par l’appareil le plus classique du parti de l’engagement de la candidate en faveur de la sixième république.
Je commence par dire combien j’adhère profondément à la décision de Ségolène Royal de s’engager sur ce thème. La refondation républicaine de la France est en effet une nécessité.
Des esprits superficiels pensent qu’il s’agit seulement d’une question institutionnelle. Bien sûr ça l’est. Et ce n’est pas rien. Dans un pays ou la loi, les institutions, les élus sont autant méprisés qu’ils le sont dans le notre, ce ressourcement général de la norme suprême dans le bain du suffrage universel est un impératif. Du moins l’est-il si l’on veut de nouveau que le consentement à l’ordre, essentiel en démocratie ne soit pas seulement une affaire de peur du gendarme ou de routine résignée et contrainte.
Mais c’est aussi une question sociale de bien des façons. D’abord parce que c’est l’occasion d’énoncer les droits que se garantissent mutuellement les citoyens. Nombre de ces droits sont des droits sociaux.