Royal : réformer la démocratie sociale
Royal veut faire "une priorité" de la "réforme de la démocratie sociale"
PARIS (AFP) - Mme Royal a reçu séparément les secrétaires généraux des 2 principales confédérations syndicales françaises, François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT), à son annexe de campagne, boulevard Saint-Germain à Paris. Elle y avait reçu quelques jours plus tôt les organisations patronales MEDEF et CGPME, et les syndicats CFTC et UNSA.
"La réforme de la démocratie sociale constituera une de mes priorités", a déclaré la candidate PS lors d'un premier bilan de ces rencontres devant la presse, et avant de recevoir dans les jours qui viennent les syndicats FO et CGC. Mme Royal a constaté "une convergence" de vues avec les partenaires sociaux sur la nécessité de "réformer le dialogue social". "Il faut moderniser la France au regard d'un dialogue social respectueux" et "faire de la qualité du dialogue social (...) un facteur d'efficacité et de productivité de l'entreprise", a-t-elle ajouté.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a demandé à la candidate à la présidentielle de fournir un "calendrier sur la démocratie sociale et la réforme de la représentativité syndicale", sujets qui devraient constituer "le premier chantier du nouveau gouvernement" sorti des urnes, a déclaré M. Thibault à la presse. Sur "la réforme de la démocratie sociale, le respect de la liberté des salariés d'adhérer au syndicat de leur choix, la réforme de la représentativité, il semble que les choses pourront avancer" avec Mme Royal, a affirmé le responsable CGT. "C'est un discours différent de celui qui veut s'attaquer au droit de grève", a-t-il ajouté, en référence à une proposition du candidat UMP Nicolas Sarkozy d'organiser un vote à bulletin secret dans les entreprises et les administrations, au bout de huit jours de grève. A propos de la "conférence sur les revenus" proposée par Mme Royal, M. Thibault a souhaité qu'elle permette une "remise à plat sur les salaires et la politique fiscale". A ce propos, il a précisé être pour une fiscalité qui préserve "les revenus du travail et demande plus aux revenus du capital", tout en évitant de trop lourds "impôts indirects qui pèsent particulièrement sur les salariés". Le secrétaire général de la CGT a précisé qu'il n'avait pour l'instant pas "obtenu de réponses précises" de la candidate sur ses projets de réforme. M. Thibault a rappelé qu'il ne donnait aucune consigne de vote. "Certains candidats portent des thèmes qui ne nous plaisent pas du tout", a-t-il néanmoins précisé.
De son côté, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a mis en avant le "bon climat d'écoute" ayant présidé à sa rencontre, vendredi, avec Ségolène Royal. "C'est important car la façon de travailler avec les partenaires sociaux est fondamentale pour demain", a-t-il rappelé. Sur le fond, Mme Royal "n'a pas formulé de réponses précises" aux interrogations du syndicat, mais a remis à M. Chérèque un document écrit "d'une demi-douzaine de pages" où elle répond "globalement aux questions" formulées par la CFDT. "Nous avons surtout parlé de la méthode" que Mme Royal utiliserait pour "gouverner le pays: une démarche de prise de décision unique de l'État ou une prise en compte des partenaires sociaux?", a-t-il poursuivi. M. Chérèque a en outre fait part à Mme Royal des autres priorités de la CFDT : "la sécurisation des parcours professionnels, l'Europe, les salaires". Sur la question salariale, il a expliqué que la "conférence sur les revenus" proposée par Mme Royal, et "demandée de longue date par la CFDT", ne devrait pas remplacer "la négociation sur les salaires dans les entreprises" mais plutôt "traiter des sujets sur lesquels l'État peut intervenir". Ces domaines sont notamment le niveau du SMIC et le coût pour les salariés "des transports, du logement et de la protection sociale". M. Chérèque souhaite qu'une conférence sur les revenus aborde également la question des aides aux entreprises, que l'État devrait assortir "de contreparties en terme de formation et de négociation salariale". Il a par ailleurs réaffirmé que la CFDT ne donnerait pas de consigne de vote.