Royal : les propositions de Sarkosy sont dangereuses

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

 

 

 

La candidate juge « dangereuses » les propositions économiques et sociales de Nicolas Sarkozy.

article paru dans figaro.fr , le 22 février

 
« DANGEREUSES. » C'est le qualificatif que Ségolène Royal a employé hier à propos des propositions sociales de Nicolas Sarkozy. À deux mois du premier tour, la candidate socialiste, qui se faisait fort, il y a encore quelques jours, de faire campagne sur ses propres propositions, a manifestement écouté ceux qui, dans son équipe, la pressaient de dégainer contre son principal concurrent. « J'entends certains qui parlent de revaloriser le travail et qui proposent comme solution de détaxer les heures supplémentaires. Ces propositions sont dangereuses pour la France, car elles vont creuser les inégalités, les brutalités, les frustrations et les oppositions », a-t-elle déclaré hier à Changé, en Mayenne. « À quoi cela rime-t-il de faire en sorte qu'une heure de travail supplémentaire coûte moins cher que l'embauche d'un nouveau salarié ? », a demandé Royal, qui considère que les propositions de Sarkozy ne sont « pas crédibles, pas sérieuses ».

 
« Ce n'est certainement pas en supprimant l'impôt de solidarité sur la fortune, comme le propose le candidat de la droite, que l'on remettra la France debout, et certainement pas en faisant travailler les salariés jusqu'à 70 ans, comme il le propose », a-t-elle renchéri. Dans la salle, avaient pris place des employés de Geodis, filiale fret et logistique de la SNCF, qui a annoncé des suppressions d'emplois. Et elle a également rencontré à Caen des anciens de Moulinex, dont l'entreprise a fermé en 2001. Royal a une nouvelle fois dénoncé « le capitalisme financier destructeur ». « Je veux que la France mette en place un ordre économique et social juste. Ce n'est pas juste lorsque les salariés sont licenciés d'une entreprise qui fait des bénéfices et, demain, ce ne sera plus possible de licencier ou de délocaliser lorsqu'on fait des bénéfices », a-t-elle promis.

 
« Sortir de cette inertie libérale »
 
Royal, qui doit rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel le 6 mars, a promis de lui dire « un certain nombre de choses ». « Il faut sortir de cette inertie libérale, l'État peut encore peser, je veux un État fort, qui négocie avec ses partenaires européens », a-t-elle expliqué. La candidate socialiste, entourée des élus PS locaux et des candidats aux législatives, a ensuite tenu une réunion publique dans la salle des fêtes de Mondeville, banlieue ouvrière de Caen, où elle a appelé à « réconcilier la France avec les entreprises qui entreprennent ». Elle a brocardé « les employeurs qui licencient ou qui délocalisent uniquement pour des stratégies financières ». « Ils devront rembourser les aides », a-t-elle prévenu.

 
Des militants de Greenpeace s'étaient également déplacés, pour demander à Royal, accompagnée de l'ancien directeur de cette association, Bruno Rebelle, qui est son conseiller pour l'écologie, quel sort elle compte réserver à la future centrale EPR de Flamanville. Sur France 3, la candidate a dénoncé un projet lancé sans débat. « Il faudra le reprendre avec tous les élus et les gens concernés », a-t-elle déclaré.

 
Aujourd'hui, Ségolène Royal doit présenter sa nouvelle équipe de campagne, qui devrait comprendre un « conseil stratégique » d'une vingtaine de membres, dont Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.
 
 
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Publié dans Analyses

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