Chiffrage : lire au delà des chiffres et des lettres.
Le chiffrage n'est pas le programme !
Il paraît de "bon sens" de se faire une idée sur la qualité des candidatures à partir du chiffrage des programmes des candidats.
A entendre Jean-Pierre JOUYET (le frère), parlant du haut de sa "compétence" de responsable de l'inspection générale des finances, dans l'émission "Trans Europe Express", on pouvait avoir l'impression que la sacro sainte loi de l'orthodoxie économique constituait la référence absolue de toute politique.
Comme si une mesure n'avait de crédibilité que par rapport à son coùt estimé...
Cette perception des mesures programmatiques dans leurs seules dimensions de "charges" est proprement scandaleuse. Mais elle constitue le B-A BA de l'idéologie dominante libérale et nous apparaît alors comme une réflexion "de bon sens"...
Le patronat en est coutumier lorsqu'il considère qu'un salaire n'est qu'une "charge", sans prendre en compte les effets qu'il produit sur l'économie en général : consommation du ménage, investissements ménagers, loisirs, et toutes les TVA qui vont avec ces achats...
Mesure-t-on bien, à gauche, la répercussion d'une création ou d'un retour à l'emploi, au delà du seul salaire ? Un emploi créé ou retrouvé, c'est une dépense en moins pour les Assédic, une ressource de plus pour la Sécurité sociale, une capacité plus grande de s'inscrire dans le fonctionnement du commerce local, et surtout, une femme ou un homme qui retrouve sa dignité !
Alors, méfions-nous des réflexions de bon sens. Sachons lire derrière les mots. Sachons retrouver, au delà de la forme, la logique qui soutend les programmes, les buts qu'ils visent, les contenus qu'ils ne disent pas.
Plusieurs analyses des chiffrages du programme de Sarkosy sont publiées ici. Elles mettent en relief ce qui n'apparaît pas "à l'oeil nu".
Bonne lecture, bonne réflexion.