Bernard Lallement : SDF
Election présidentielle oblige, la question récurrente des sans-abri prend une tournure très politique. Les années précédentes, on nous proposait le sempiternel plan grand froid, avec ouverture prolongée de refuges qui, l’hiver passé, fermaient leurs portes aux beaux jours. Les petits bourgeois, que nous sommes tous, doivent trouver moins pénible pour les miséreux, et plus discret, de mourir l’été sur le trottoir.
Aussi, le printemps venu, notre commisération se met-elle aux abonnés absents dans l’attente d’une météo plus rugueuse.
C’est le mérite des actions spectaculaires d’associations comme Emmaüs, Droit au logement, Médecins du Monde ou des Enfants de Don Quichotte, de nous avoir ramené à résipiscence.
Etre SDF n’est ni une fatalité, ni une activité saisonnière. Dormir dans la rue est rarement le résultat d’un choix mais la conséquence d’une exclusion sociale avec comme pierre angulaire la perte d’un logement et d’un emploi, ceci expliquant souvent cela.
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