Elue dès le 1° tour.
Ségolène ROYAL est élue !
A l'heure où j'écris, la victoire de Ségolène Royal est définitivement acquise, d'une ampleur réelle et obtenu par une participation remarquable. Les militants se sont massivement mobilisés. Il faut le reconnaître et l'interpréter comme un message fort.
"La responsabilité du gagnant, c'est de rassembler" disait Pierre Moscovici dans l'émission d'Arlette Chabot. Telle est bien la tâche, prioritaire, qui attend la candidate élue.
Quelles initiatives Ségolène Royal prendra-t-elle, demain ou dans les prochains jours, pour nous rassembler ? Il lui revient de cimenter sa victoire avec tout le Parti pour conduire la bataille contre la droite.
Je me suis élevé, dans ces lignes comme dans les réunions de sections auxquelles j'ai participé, contre le doute parfois émis que tous se retrouveront, à l'issue du vote, autour du candidat élu. Je persiste. Et puisque nous y sommes, j'observe que cette victoire a été acquise dans le cadre d'une confrontation politique. Rassembler celles et ceux qui n'ont pas voté pour elle -et Ségolène Royal s'y est engagée ce soir- consiste à revenir au Projet socialiste ; à préciser ses intentions sur ses propositions personnelles ; à envisager de prendre en compte celles de ses challengers et donc, les nôtres...
Nous voulons tous battre la droite. Chacun l'a dit pendant cette campagne interne. Le dire est necéssaire mais pas suffisant. Il faut maintenant étayer les intentions par des propositions concrètes et il faut les concevoir comme autant de signaux forts envoyés à notre électorat, à notre base sociale, et en premier lieu vers toutes celles et tout ceux qui souffrent le plus des conséquences du libéralisme.
Voilà comment il faut, comment elle peut rassember les socialistes. Pour François MITTERRAND, la feuille de route était d'abord de rassembler les socialistes pour ensuite rassembler la Gauche et convaincre le peuple de gauche. Viser la grande rencontre entre la majorité sociologique et la majorité politique. Elle est toujours d'actualité...
Nous avons fait campagne pour Laurent Fabius, nous avons pointé ce qui ne nous convenait pas dans les propositions des autres candidats. Nous l'avons fait pour des raisons politiques. Ce sont ces raisons, maintenant, qui constituent la clé du rassemblement dans le cadre du Projet socialiste.
Chacun doit maintenant prendre la mesure de la décision que le parti vient de prendre hier soir. Un deuxième chapitre s'ouvre sur des responsabilités et des perspectives nouvelles. Ségolène Royal, comme les autres candidats, doit engager la réflexion pour construire une attitude politique commune.
Alors nous serons rassemblés. Alors pourra commencer l'ascension vers la victoire en mai 2007, à la condition d'avoir réussi le premier tour... Oui, c'est en analysant, sans concession, les raisons du 21 avril 2002 que nous nous ouvrirons la voie vers l'Elysée... et que nous préparerons, simultanément, la victoire des législatives de Juin.
N'oublions jamais que l'extrême droite attend, sans avoir à beaucoup parler, tout faux pas de notre part. Ce n'est pas "affectivement" que le 21 avril est une souffrance, c'est "concrètement", en terme de pouvoir d'achat, de casse du service public, d'abandon des grands acquis sociaux de la Libération, de misère pour une partie toujours plus importante de nos concitoyens. C'est d'abord vers eux que nous devons, en tant que socialistes, nous tourner.
C'est aussi en faisant cela que nous construirons les conditions politiques qui rendront les candidatures alternatives à gauche inutiles. Si nous ne tenons pas cette ligne, alors ces candidatures prendront de la densité. Pour notre perte !