3° débat : Avantage FABIUS !

Publié le par Revue de Presse

 
Bilan du débat : Laurent Fabius loin devant !

(JPEG) 17 journalistes du Parisien / Aujourd’hui en France ont noté les prestations des trois candidats.

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La presse, presque unanime, reconnaît la supériorité et la stature présidentielle de Laurent Fabius et s’interroge sur la crédibilité de Ségolène Royal.

 

Avantage Fabius

La compétence au service d’une vision, la volonté au service du changement à gauche et la fidélité à une certaine idée de la France, voilà comme est apparu Laurent Fabius à l’occasion du troisième débat télévisé entre les présidentiables socialistes.

« Je crois qu’il y a 2 avenirs possibles, pour schématiser : ou bien, dans 10 ans, il y aura un monde encore plus financiarisé, encore plus précarisé, où le marché jouera un rôle encore plus important, où les inégalités seront encore plus fortes, et dans ce cas-là on ira vers des conflits massifs dans tous les domaines ; ou bien - et c’est pour ça que je suis socialiste - on aura une politique qui retrouve du pouvoir sur l’économie, qui fait reculer les marchés, et l’Europe sociale se développera, l’environnement sera présent dans toutes les politiques publiques, et à ce moment-là la paix, l’égalité, les droits de l’homme, l’internationalisme retrouveront droit de cité. »

-  L’Europe par la gauche. Non, l’Europe par la preuve ne suffit pas. Nous ne voulons pas juste des aménagements ponctuels. Après des années de dérive libérale, l’Europe doit être réorientée. Il faudra négocier avec nos partenaires, mais nous réussirons d’autant mieux cette négociation que la position de départ aura été claire. Seul Laurent Fabius prend l’engagement d’être fidèle au vote des Français contre l’Europe libérale.

Quant aux futurs élargissements, il faut être honnête : une Europe à 50 ne sera pas efficace. Il faut un moratoire des élargissements tant que nous n’aurons pas obtenu des avancées importantes dans le domaine social, dans le domaine fiscal et dans le domaine institutionnel. Quant à la Turquie, à horizon prévisible, elle n’a pas vocation à entrer dans l’Europe. Seul Laurent Fabius est parfaitement clair sur ce point, au contraire de ses compétiteurs, qui laissent planer le doute.

En contrepartie, il faut construire l’Europe des 3 cercles : la zone euro, qui a vocation à s’intégrer davantage ; l’Europe élargie telle qu’elle existe aujourd’hui ; et l’Europe associée, qui doit regrouper notamment la Turquie, l’Ukraine et le Maghreb, dans un partenariat très étroit pour le développement.

« Le plan B, c’est le projet socialiste. Et c’est pour cela que je l’ai approuvé. Personne n’a proposé de plan alternatif, parce que nous ne sommes pas aux responsabilités. Nous voulons réviser les statuts de la Banque centrale européenne, nous voulons un traité social avec des critères de convergence sociale, nous voulons une meilleure protection commerciale de l’Union européenne. Les dépenses de recherche doivent être désormais sorties des critères de Maastricht - pour le calcul du déficit budgétaire - , il faut une directive sur les services publics, enfin nous voulons un traité strictement institutionnel. On ne le fera pas tout seul. Mais d’ores et déjà, un calendrier a été fixé par les chefs d’État et de gouvernement européens. Il commence avec la présidence allemande, début 2007. Le 21 juin 2007 - lors du Conseil européen - , le Président de la République française sera au côté de la chancelière allemande pour amorcer la renégociation. Et c’est sous présidence française, au deuxième semestre 2008, que cette renégociation devra se terminer.

Si je suis élu Président de la République, ma première mission sera de respecter le vote des Français. Dans leur majorité, et en particulier, à gauche, ils ont voté non. Il faut que ce non soit entendu. Ayant voté à l’unisson des Français, je pense que je ne serai pas le moins crédible pour expliquer que la position de la France doit être prise en compte pour parvenir à un nouveau traité constitutionnel, une relance et une réorientation. »

-  La défense : ne pas baisser la garde, mais construire l’Europe de la défense pour parvenir à des économies d’échelle et à une meilleure efficacité. Notre défense est en retard sur les dangers actuels. Elle est dimensionnée pour des conflits de l’époque de la Guerre Froide. Le prochain Président de la République devra engager la modernisation de notre stratégie de défense et son européanisation. Laurent Fabius a une vision précise de ces évolutions nécessaires.

« Aucune considération financière ne peut l’emporter sur l’exigence de la sécurité dans un monde dangereux. Si je suis élu, la première chose à faire, ce sera un Livre blanc : le dernier date de 1994. Il faudra passer en revue les différents matériels dans la nouvelle stratégie répondant aux risques. Il faudra européaniser tout ce qu’on pourra, et là, il y a certainement des économies à faire.

La clef nucléaire dépend du Président de la République. Et sa crédibilité dépend de la force d’âme et de décision du Président. Il est utilisé seulement si le Président estime que les intérêts vitaux du pays sont en jeu. Il n’est pas normal que nous ayons les mêmes groupes industriels qui à la fois produisent les armements et détiennent les médias. Cela pose un problème de principe à la fois pour la démocratie et pour la défense. »

-  L’Iran : fermeté et responsabilité. Ségolène Royal a commis un impair incroyable. Visiblement, elle ignore le contenu du Traité de non-prolifération nucléaire. Ce qu’elle propose - empêcher l’Iran de se doter du nucléaire civil - revient à forcer l’Iran à sortir de ce Traité, ce qui serait totalement contre-productif. Cela risquerait en plus de souder le pays, par nationalisme, derrière son régime dictatorial actuel. Face à ces dérapages, Laurent Fabius incarne la compétence. Lui seul connaît parfaitement les rouages de notre diplomatie et de notre défense, pour avoir déjà pris part au gouvernement de notre pays comme Premier Ministre.

« Si les Iraniens accèdent au nucléaire militaire, cela signifie que dans toute la sous-région, Turquie, Égypte, Arabie saoudite, avec le cas échéant des ramifications terroristes, il peut y avoir dissémination nucléaire. Et ça, c’est extrêmement dangereux. Bien évidemment, les Iraniens ont le droit d’avancer dans le nucléaire civil, ils ont signé le traité de non-prolifération. Ce serait extraordinairement paradoxal qu’ils n’aient pas le droit que leur reconnaît le traité de non-prolifération alors que des États comme le Pakistan et l’Inde, qui ne l’ont pas signé, auraient le droit de faire du nucléaire civil et du nucléaire militaire. Donc, oui au nucléaire civil. Au nucléaire militaire, non. Il faut savoir dialoguer. Simplement, il faut aussi prévoir les sanctions.

A mon sens, elles ne doivent pas toucher prioritairement le peuple. Elles doivent toucher les dirigeants et, en particulier, il faut taper au portefeuille des avoirs qu’ils ont à l’étranger. Je ne recevrai pas, comme Président de la République, le président Ahmadinejad, parce que le président de la République française, c’est une autorité morale dans le monde, et je ne recevrai pas quelqu’un qui dit qu’il faut détruire Israël.

On ne peut pas dire aux Iraniens : on vous demande de respecter le traité de non-prolifération que vous avez signé, et donc de ne pas faire de nucléaire militaire, mais en plus, vous ne pourrez pas faire de nucléaire civil. A ce moment-là, on arrivera à ce résultat très paradoxal de souder le pays dans le nationalisme autour d’un président qui est un dictateur. »

-  Le Proche-Orient : solution politique, dialogue entre les parties et rôle de la France. L’Europe doit s’investir d’avantage, mais compte tenu des pesanteurs actuelles, il ne faut sans doute pas trop en espérer. La France a un rôle majeur à jouer et elle doit assumer pleinement son rôle. Mais Laurent Fabius, fidèle à ses engagements, a indiqué que Président de la République, il ne recevra pas à Paris un dirigeant qui ne reconnaîtrait pas à Israël le droit d’exister, qu’il s’agisse du Hamas ou du Président iranien. Le Président de la République française a une stature morale qu’il doit utiliser pour faire pression sur les extrémistes de tous bords.

« En tant que Président de la République, personnellement, je ne recevrais pas les dirigeants du Hamas tant qu’il n’y aura pas eu une évolution officielle vers la reconnaissance d’Israël. Il faut qu’il y ait un État palestinien, mais il faut qu’il soit viable : ça ne peut pas être des taches de léopard. Notre position en tant que Français doit être : garantie de la sécurité absolue d’Israël ; reconnaissance d’un État palestinien viable ; nécessité pour les 2 parties - le cas échéant soutenues par l’Europe - de parler ensemble. Il n’y a pas un exemple dans le monde où l’on fait cesser le terrorisme, les exactions, etc., sans qu’il y ait une solution politique. Les États-Unis traditionnellement, dans la mesure où ils ont soutenu très fortement Israël, ont joué un rôle majeur, mais il faut reconnaître qu’ils ne sont pas parvenus à une solution. L’Europe, elle, a fourni l’argent mais, compte tenu de ses divisions, n’a pas été en première ligne. Je pense que la France en particulier - qui est l’amie des Palestiniens et qui en même temps se bat contre l’antisémitisme et reconnaît la nécessité pour Israël de protéger sa sécurité - a un rôle éminent à jouer dans ce domaine. »

-  L’environnement : des engagements précis et des changements institutionnels. Pour que l’environnement devienne vraiment une priorité du gouvernement, il faut que le ministre en charge de l’écologie ait une position confortée. Laurent Fabius propose que ce Ministre devienne le numéro 2 du gouvernement. De la sorte, les paroles deviendront enfin des actions. Il prend des engagements précis pour la diversification énergétique, la réduction de notre consommation, l’habitat écologique et le développement des transports publics. Il est le seul à être très clair sur le contrôle public d’EDF et de GDF, qui devra être rétabli.

« S’il y a un domaine où l’action publique est absolument indispensable et où le marché échoue, c’est le domaine environnemental. Vous avez vu la panne qui est arrivée pour l’électricité avant-hier ? Pourquoi ? Parce que les sociétés privées, au lieu d’investir massivement, ont consacré leur argent à se racheter entre elles. Il faut donc qu’il y ait, au niveau mondial, au niveau européen, au niveau français, une impulsion publique forte. Jusqu’à présent le ministre de l’environnement, et c’est notre faute, était un ministre un peu marginalisé. Si le numéro 2 du gouvernement est chargé d’une mission transversale de développement durable, ça changera. »

-  Conclusion : un message d’espoir pour les jeunes ; une certaine idée de la France.

« Je pense que ces débats ont été utiles. Ils ont permis de voir des analogies entre nous 3, mais aussi des différences. J’ai insisté pour ma part sur des thèmes auxquels je tiens tout particulièrement : réponse à l’urgence sociale, pouvoir d’achat, logement, préparation de l’avenir, enseignement, nouvelle république parlementaire, Europe sociale et - on vient d’en parler - environnement. Je pense que c’est ainsi, par une vision vraiment socialiste, que nous pourrons changer les choses.

Je voudrais ajouter - nous n’en avons pas parlé et c’est un tort - que tout cela ne sera possible que dans le cadre du rassemblement de la gauche. Je fais des propositions de gauche, authentiquement de gauche, clairement de gauche, parce que je veux gouverner avec les formations de gauche et exclusivement avec celles-là.

La dernière chose que je veux dire s’adresse aux jeunes, car là est l’essentiel. Les jeunes qui ont grandi après la Guerre ont permis la reconstruction, et c’était un idéal formidable pour eux ; ils avaient un projet qui les dépassait eux-mêmes. Les jeunes des années 60 ont lutté contre le colonialisme, et cela aussi leur a permis de dépasser leur propre vie. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes s’interrogent. Ils sont généreux et se demandent quelle cause ils peuvent servir. Eh bien cette cause, c’est celle d’une France forte parce que solidaire ; celle d’une Europe nouvelle, sociale, démocratique et environnementale ; celle d’un monde différent, un monde de paix, garantissant l’environnement et le développement. La France dans tout ça ? La France est un grand et magnifique pays, qui possède d’immenses atouts, qui peut, par sa langue, son histoire et ses valeurs, peser sur l’Europe et sur le monde.

Voilà un programme enthousiasmant qui nous attend tous, et je suis bien sûr prêt à m’y consacrer entièrement. Pour cela, j’ai besoin de votre soutien. »

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Publié dans Programme

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