Après 3 débats de sections.
Vive nos débats de sections !

Evreux, Louviers, Gaillon, bientôt Vernon, j'aurai eu la chance de parcourir ces sections et de rencontrer nos camarades. Ils ont envie de débattre, de poser des questions et d'exprimer leurs attentes et quelquefois, leurs craintes devant des propositions très "personnelles". En un mot comprendre pour participer pleinement à la désignation du candidat des socialistes à l'élection présidentielle. Particulièrement nos nouveaux camarades.
Je veux dire, ici, que j'ai trouvé en mes coprésentateurs des camarades soucieux de respecter tous les candidats. C'est essentiel pour préserver nos batailles futures, celles de la campagne officielle.
Se respecter, c'est dire ce que nous pensons des idées de chacun des candidats. C'est aussi accepter de les entendre.
Ainsi, parler de la stratégie des alliances est au coeur de l'engagement socialiste. Rappeler qu'à chaque grande étape de la bataille pour la conquête pour le pouvoir, cette question revient, avec constance, est une nécessité qui permet de clarifier les positions respectives. C'est utile pour permettre de bien choisir les 16 et 23 novembre.
En 1971, au congrès d'Epinay, le Parti Socialiste a adopté la stratégie d'Union de la Gauche contre celle dite de la troisième force (alliance avec le Centre et/ou la démocratie chrétienne). S'en est suivi l'adoption du premier projet socialiste ("Changer la vie") puis du Programme Commun de Gouvernement (PS, PCF, Radicaux de Gauche).
Lorsqu'il s'est agit de préparer la bataille de l'après Giscard, ce débat s'est incarné dans une opposition de ligne entre les "5 conditions pour gouverner avec la droite" soutenue par Michel Rocard et le "Tenir bon" de François Mitterrand. C'étais le congrès de Metz (1979). Celui qui défendait cette dernière ligne, c'était Laurent Fabius ! C'est ainsi que François Mitterrand devint notre candidat puis le Président de la République, le 10 mai 1981 !
Comment gagner sans chercher, dès maintenant, le rassemblement de la Gauche ?
Aujourd'hui, Laurent Fabius vient d'utiliser ce mot d'ordre de "Tenir Bon". Il donne ainsi la mesure du débat d'investiture. Il trace la perspective nécessaire pour rassembler la gauche, condition indispensable pour gagner contre la droite et défaire l'extrême droite.
Je préfère entendre cet engagement que de lire "qu'il ne faut pas effrayer les centristes dont on a besoin au 2ème tour » (DSK, Figaro, avril 2005).
De même, alors que certains (PCF, altermondialistes, LCR) débattent actuellement d’une candidature unique à la gauche de notre parti, Ségolène Royal, partisane du «oui » au traité constitutionnel, ignore nos partenaires traditionnels et le reste de la gauche. La candidate joue le centre : avec l’entrée en campagne de Bayrou, elle le perdra vite. Le PS n’a remporté de victoires qu’en proposant des réforme sociales profondes (de la semaine des 40 h en 1936 au slogan « Et maintenant l’Europe sociale ! » en 2004) et en choisissant clairement la stratégie du rassemblement de la gauche. C’est nécessaire pour gagner. Et c’est nécessaire ensuite pour réussir et gouverner. Si elle était désignée, Ségolène Royal aurait probablement du mal à opérer le rassemblement de la gauche : à ce jour, aucune formation de gauche n’a approuvé ses propositions. - Comment imaginer que le PCF approuverait de louer la « valeur travail » mais d’oublier d’augmenter précisément les salaires ? - Comment penser que les radicaux de gauche pourraient se retrouver dans une défense molle de la laïcité face à la montée du communautarisme et du fanatisme religieux ? - Comment croire que les écologistes soutiendraient une candidature qui ne dit rien de l’après-pétrole et ne propose pas de sortir du tout-nucléaire ? - Comment obtenir le soutien des chevènementistes en faveur d’une candidate qui affirmait qu’en cas de victoire du Non le 29 mai 2005, les cantines scolaires de Poitou-Charentes fermeraient et qui ne dit rien de la réorientation sociale de l’Europe ? Et comment les forces de gauche, sauf contorsion, pourraient-elles se retrouver dans une candidature favorable à la suppression de la carte scolaire, la remise en cause des 35 heures, la régionalisation de la justice, la fin du regroupement familial pour les immigrés ? D’ailleurs, Marie-George Buffet le 18 septembre dernier déclarait : si S. Royal est présente au deuxième tour de la présidentielle, « j'appellerai les hommes et les femmes de gauche à se rassembler pour battre la droite, sans conditions. En revanche, si elle forme un gouvernement sur une politique social-libérale, celle qu'elle prône aujourd'hui, je dirai que nous ne sommes pas pour aller dans ce gouvernement"
Je connais l'esprit taquin des militants socialistes. Il est probablement la marque de notre estime réciproque. Surtout lorsque l'on imagine la force de la tentation...
Voyons ce qu'il en est...
On reproche à Laurent Fabius un passé "social-libéral". Les positions qu'il a défendues au gouvernement ont toujours été celles des socialistes. Cela étant, évitons les malentendus ou, pire, les procès d’intention. Certains imputent par exemple à Laurent Fabius le tournant de la rigueur : c’est faux. Ce tournant, c’est Pierre Mauroy qui l’a décidé en tant que Premier ministre en 1983. Cf. une lecture de Verbatim sur le media citoyen Agoravox : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=7542.
Il est faux également de dire que Laurent Fabius « avait autorisé un allégement de la fiscalité sur les stock-options » (Le Monde du 6 octobre 2006). Le journal a d’ailleurs été contraint de publier un rectificatif. La disposition adoptée en 2001 a en réalité alourdi la fiscalité sur les plus-values des stock-options supérieures à 150 000 euros en introduisant une taxation progressive. D'où les réactions de l’UMP à l'époque : «Est-ce bien le moment d'ajouter après l'IRPP et l'ISF un troisième impôt progressif ?» (Ph. Auberger) ou encore « Le présent article vise à alourdir la fiscalité portant sur la fraction des plus-values d'acquisition supérieures à un million de francs » (Ph. Marini)
. Par ailleurs, Laurant Fabius a expliqué qu’il avait évolué dans ses analyses, pour tenir compte de l’évolution du monde et de la France. Tout le monde au PS demande à juste titre qu’on tire les leçons du 21 avril : Laurent Fabius est le seul responsable à l’avoir fait. Est-ce critiquable ?
Le prochain débat télévisé du 9 novembre doit porter sur les dossiers européens et internationaux. Le sujet est déterminant. Nous aurons à coeur d'être attentifs aux engagements et aux "postures" de nos candidats.
Le moment de la décision approche... Restons mobilisés.
Gérard Contremoulin, section de Vernon.