Clermont-Ferrand : Royal (e) déception.
3.000 militants et sympathisants à Clermont-Ferrand
3000 militants et sympathisants venus de tout le Massif central ont assisté jeudi soir à Clermont-Ferrand au premier "débat" régional socialiste où Ségolène Royal, Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius ont exposé leurs idées. Si à l'applaudimètre c'est incontestablement Laurent Fabius qui l'a emporté sur ses "compétiteurs", dans les rangs des militants les avis sont encore très partagés : Ségolène Royal a déçu certains, tandis que DSK a marqué, selon eux, des points.
Pour Évelyne et Christine, qui sont venus en copines assister au meeting, pas de doute, elles savaient déjà qui choisir avant de venir: "nous allons voter pour Ségolène, au moins elle a des doutes, elle présente une honnêteté intellectuelle. Sa prestation de ce soir nous a confortées dans notre opinion." "Au-delà de ce bel exercice de démocratie où on peut vraiment écouter les propositions des candidats, je continue de penser comme il y a 6 mois: c'est pour Ségolène que je voterai", déclare Alain, 38 ans, un militant socialiste qui travaille dans le monde associatif culturel. "Elle n'a pas été bonne ce soir à la tribune. C'est sûr que Fabius est bien meilleur orateur. Mais j'ai vu Mauroy ici à Clermont-Ferrand quand j'étais gamin, et c'était comme au théâtre. Mais cette politique-là, c'est fini. Ceci dit, j'ai trouvé intéressant ce que disait Strauss-Kahn."
Et il n'était pas le seul jeudi soir. Le Puy-de-Dôme, pourtant décrit comme une terre fabiusienne, a réservé un bon accueil à l'élu de Sarcelles (Val-d'Oise). "C'est normal", explique Chantal. "Ici ce sont surtout les élus qui sont fabiusiens mais du côté des sections, sur le terrain, c'est plus compliqué." Au contraire, pour Philippe, militant qui se réclame d'une filiation "Jaurès-Mendès-Rocard", les choses sont simples : "je voterai Strauss-Kahn car lui au moins il a une vision, un programme. Ségolène Royal parle de la rénovation, mais je ne vois pas en quoi. Où est son projet?"
Thibaut, étudiant en droit de 21 ans, favorable lui aussi à Dominique Strauss-Kahn, enfonce le clou : "elle a parlé d'aider les pays du Sud, mais jamais elle ne dit comment. Elle a parlé 20t minutes durant uniquement pour nous parler du superflu." Les mots de Sondès, enseignante dans le Puy-de-Dôme, sont plus durs encore : "Avant de venir, aucun des candidats ne me séduisait vraiment. J'ai trouvé que Ségolène Royal avait un discours creux, je ne la vois pas pour défendre la gauche. Alors que Fabius a développé un discours avec du fond, il a une vraie stature."
"Et pourtant avec Ségolène Royal, nous avons une chance inouïe d'avoir une femme présidente de la République", proteste Jean-Claude, des années de syndicalisme enseignant derrière lui et militant de "l'égalité entre les hommes et les femmes." "J'aurais bien aimé voter pour une femme, mais je suis déçu", regrette Franck, un principal de collège d'origine lyonnaise. "Comme orateurs, Strauss-Kahn et Fabius sont bien meilleurs. Je ne sais pas encore pour qui je vais voter. Je sais juste que mon vote sera socialiste."