Fabius par convictions

Publié le par Vincent Bawedin

 

Vincent Bawedin : "Pourquoi je soutiens Laurent Fabius"

 

Vincent Bawedin est secrétaire fédéral de la fédération de la Somme. Membre de NPS, il a publié ce témoignage sur son blog.

Militant depuis de nombreuses années dans le mouvement associatif (défense des droits de l’Homme, de la laïcité, de l’environnement), j’ai adhéré pour la première fois à un parti politique en 2002. J’ai choisi le Parti Socialiste car il représentait pour moi la meilleure synthèse entre l’attachement aux valeurs fondamentales de la République et la capacité à agir en tenant compte des impératifs écologiques. Surtout, après la défaite de 2002, il me semblait que ne pas s’engager pour donner au parti une impulsion qui tienne davantage compte de mes idéaux et de ce qui me semble être une attente du peuple de gauche relevait quasiment de l’incivisme.

J'ai rejoint le courant Nouveau Monde (congrès de Dijon) puis NPS (congrès du Mans) auquel je reste fidèle. Si je souhaite aujourd'hui apporter à titre personnel et sans état d'âme mon entier soutien à Laurent Fabius, c'est d'une part par fidélité à mes convictions profondes (raisons politiques) et d'autre part par souci d'efficacité.

Pour des raisons de convictions et d'efficacité politiques

Chacun a en tête le 21 avril 2002, qui ne doit pas être rappelé comme on agite un épouvantail mais doit être considéré comme un fait « historique » susceptible d'éclairer pour demain. Il en est de même avec le référendum sur le Traité Constitutionnel Européen (TCE), que les français ont rejeté très majoritairement à 55 % des voix. Les électeurs de gauche ont aussi été plus nombreux à choisir le Non que le Oui.

Il y a une corrélation forte entre ces 2 résultats. Elle doit nous interpeller pour le choix à faire le 16 novembre prochain d'abord et, nous l'espérons bien, le 23 ensuite. Si le candidat du PS a échoué en 2002, c'est notamment parce que son projet n'était pas socialiste (dixit l'intéressé lui-même). Or les électeurs désiraient un projet socialiste !

C'est la même logique qui a prévalu le 29 mai 2005. Quand tous les hiérarques socialistes appelaient non seulement à voter oui au TCE (et parmi eux Royal, DSK...) mais ironisaient, au mieux avec mépris, au pire avec violence, sur le choix des militants du non socialiste, le peuple de gauche, à force de débats éclairés, a fait honneur au terme « citoyen ». Car les citoyennes et les citoyens de gauche ont choisi d'écouter leurs convictions profondes plutôt que les sirènes médiatiques, ont préféré le courage à la résignation.

L'élection présidentielle qui arrive est d'importance. Beaucoup s'imaginent que le rejet de la droite et de Sarkozy suffiront à faire gagner la gauche. Quelle erreur ! Se rappelle-t-on du rejet de Chirac début 2002, un Président sortant affaibli, rattrapé par les affaires, accueilli par des « super menteur !» par la population lors de ses (rares) déplacements en banlieue ? Beaucoup disent que, même si elle n'est pas parfaite, Ségolène c'est toujours mieux que Sarkozy (certes !) et que c'est elle et elle seule qui peut le battre ! Sur quels critères peut-on s'appuyer pour dire cela ?

Je n'ose imaginer un seul instant que les militants qui profèrent de tels propos se réfèrent aux sondages. Chacun sait à ce sujet à quoi s'en tenir. Le seul candidat de gauche qui pourra être élu sera celui qui, d'abord convaincra le plus largement possible dans son camp afin d'avoir un score suffisant au premier tour lui permettant d'accéder au second.

Il devra ensuite, cette première et difficile étape franchie, convaincre ceux qui ne votent que trop rarement (ceux là même qui se sont exprimés le 29 mai 2005 étant donné l'enjeu) car sont écœurés par la politique dont ils ne voient pas les effets dans l'amélioration espérée de leur quotidien (on se souviendra au passage de la phrase de Jospin en 2002 : « L'État ne peut pas tout » ! On comprend mieux les résultats...)

Or Ségolène ne satisfait ni la première ni la seconde exigence. De par ses nombreuses déclarations sur la carte scolaire, la laïcité (elle a assuré à son ami Jean-Pierre Mignard qu'elle « ne laisserait pas insulter Dieu » au moment des caricatures du prophète Mahomet), les sanctions concernant les parents de jeunes délinquants, elle s'éloigne non seulement des convictions profondes des militants de gauche mais également du projet socialiste ! Or ceci est inquiétant lorsqu'on sait que le prochain Président de la République devra respecter, lors de la renégociation du TCE en 2008, ce qu'ont exprimé majoritairement les français et les électeurs de gauche le 29 mai 2005. Le seul candidat de gauche qui sera élu sera celui qui est en phase avec ce qu'ont exprimé les électeurs les 21 avril 2002 et 29 mai 2005. Seul Laurent Fabius correspond à ces critères.

Sa candidature s'adresse aux intelligences et non pas aux émotions, et Laurent Fabius a montré ces dernières années qu'il incarnait l'aptitude à œuvrer au sommet de l'État, le courage politique et une liberté de pensée qui tient compte des fondamentaux du socialisme.

C'est pour toutes ces raisons que je soutiens sa candidature

Pourquoi j'ai choisi de faire connaître ce soutien ?

Dans un parti où les courants ont tant d'importance, où l'on regarde trop souvent les camarades en fonction de leur "étiquette" et non pas de leurs qualités propres, s'exposer est toujours un risque... Mais, étant donné l'enjeu de l'échéance de 2007, j'ai choisi - plutôt que de rester tapi en attendant la désignation du candidat le 23 novembre... -, d'exprimer et d'argumenter mon choix. Je crois en la capacité des citoyens en général et des camarades socialistes en particulier à échanger, à confronter leur vision des choses et, à l'image de la campagne référendaire de 2005, je crois que le débat et la défense de convictions sincères et profondes peuvent changer la donne !

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Publié dans Soutiens

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