17 Octobre, ...... suites

Publié le par Bernard Lallement

PS : L'Apollon de Bellac

medium_PS_debats_chaines_parlementaires_AFP.jpgCertes, à voir les chicaneries entre les ténors de l’UMP, les courtoises prestations des candidats socialistes donnaient du parti socialiste une image bien consensuelle et, pourrait-on dire, bien lisse, trop peut-être pour paraître vraie. L’ordre juste régnait hier soir sur les chaînes parlementaires, comme dans les sections du PS où les militants, en rangées clairsemées, s’étaient donnés rendez-vous. Une émission du respect, un tantinet ennuyeuse, où chacun monologuait en excellant dans l’exercice difficile de cultiver sa différence tout en affirmant son attachement au projet commun adopté par les adhérents.

Evidemment, Ségolène Royal était la vedette du jour et les journalistes, nouveaux haruspices de la démocratie d’opinion, attendaient, avec gourmandise, le moment où celle qu’ils ont fait reine trébucherait face à (ou plutôt à côté de) ses contradicteurs. En vain. Et je doute que, si l’on continue ainsi dans l’organisation brejnévienne des débats, les lignes de force bougent vraiment. A croire que ce serait le but recherché.

Pour autant, les postures ont été claires et sans ambigüité. Laurent Fabius, fidèle à sa conception mitterrandienne du pouvoir, est le seul à délivrer une vision du monde et replacer les enjeux dans leur dimension exacte : celle d’une Europe plus proche des citoyens.

Comme à son habitude, Dominique Strauss-Kahn a démontré sa parfaite maîtrise des mécanismes économiques donnant à voir une stature plus proche d’un Premier Ministre que de celle d’un chef d’Etat.

Quant à notre Dame du Poitou, dans le registre « plus présidente de région que moi tu meurs » sa différence d’avec ses challengers, comme elle l’a relevée avec humour tout à la fin, était nettement visible. Contrairement à ses concurrents, elle ne s’adresse pas aux militants mais « aux gens. » Le ségolisme est à la chose publique ce que le microcrédit est à la banque. La compagne de François Hollande cultive une politique du village et sa « France d’après » se confond avec une multitude d’initiatives locales conduites en fonction des besoins du moment.

Dans cette optique, le Président de la République « Royal » ne serait que la sommation de préoccupations individuelles. Finis les corps intermédiaires, la députée des Deux-Sèvres consacrent, comme d’ailleurs Nicolas Sarkozy, l’individualisme ambiant. En mère de la nation, elle tient à nous dessiner un destin où personne ne serait  balloté ou assujetti au-delà de son propre désir d’avenir. « Elle ne fait rien, elle ne dit rien mais elle est là » aurait dit d’elle Jean Giraudoux. Le bréviaire de notre futur héraut socialiste n’est pas le programme de son parti mais, plus surement, l’Apollon de Bellac.

Publicité

Publié dans Analyses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article