Marc Dolez
Marc Dolez : « Nous pensons que Laurent Fabius est celui qui a le mieux tiré les leçons du 21 avril 2002 »
Marc Dolez répond aux questions de Rénover dans la fidélité
Marc, tu animes le courant Forces militantes pour le socialisme et la démocratie. Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez décidé de soutenir Laurent Fabius ?
Ce sont des raisons de fond que nous avons exprimées dès le mois de Juillet. Au-delà de nos différends passés, nous pensons que Laurent Fabius est celui qui a le mieux tiré les leçons du 21 avril 2002, qu’il est le plus à même de réunir toute la gauche et donc de créer un vrai mouvement de transformation sociale. Comme le récent débat de Lens l’a clairement montré, il est le seul des candidats potentiels à porter une ligne politique qui, ancrant le Parti Socialiste à gauche, permette de rassembler toute la gauche sans exclusive.
Il est aussi le seul à ne pas considérer que la gauche va revenir automatiquement au pouvoir sur les seuls rejet et discrédit de la droite. Pour répondre à l’attente populaire, il faut d’abord s’engager sur des mesures d’urgence et d’application immédiate pour revaloriser le pouvoir d’achat, garantir la retraite à 60 ans et à taux plein, s’opposer aux licenciements boursiers, assurer à chacun le droit à l’emploi, au logement, à la santé, à l’éducation, aux services publics. Les 7 engagements pris par Laurent Fabius, dont l’augmentation immédiate de 100 euro pour le SMIC, s’inscrivent indéniablement dans cette perspective.
Bref, Laurent Fabius est aujourd’hui en situation, comme François Mitterrand en son temps, d’incarner le combat de la gauche, dans la fidélité aux valeurs qui fondent depuis plus d’un siècle l’engagement des socialistes. A FMDS, nous faisons ce choix bien sûr en restant nous-mêmes et en totale cohérence avec notre campagne pour le Non au projet de constitution européenne comme avec notre refus de la synthèse au congrès du Mans.
A FMDS, vous faites le lien entre le vote des Français et l’élection présidentielle.
Absolument. D’abord parce que pour respecter le vote du 29 Mai 2005, mieux vaut élire un président qui s’est clairement engagé sur le Non, d’autant qu’il reviendra à la France d’exercer la présidence de l’Union Européenne à compter du 1er janvier 2008 et de proposer une perspective après le rejet du traité constitutionnel européen par la France et les Pays-Bas. J’ajoute, pour ceux qui l’auraient oublié, que ce qu’a exprimé le peuple de gauche le 29 mai est une « lame de fond ». Par ce vote massif, les Français ont signifié leur refus au libéralisme et leur volonté d’une véritable alternative à gauche. Ce n’est qu’en prolongeant le Non du 29 mai et en rassemblant la gauche autour d’un programme de transformation sociale qui lui donne tout son sens, que nous y parviendrons. L’enjeu de la période est bien d’offrir un débouché politique au vote du 29 mai et il ne peut pas y avoir d’autre voie que celle de la fidélité au mandat donné par le peuple à cette occasion et lors de l’extraordinaire mobilisation contre le CPE.
A partir du vendredi 29 septembre a lieu l’université de rentrée de FMDS à Cuincy. Ce sera l’occasion d’un rassemblement de diverses sensibilités de gauche du PS. Quel est l’enjeu de cette rencontre ?
Malgré son engagement en faveur du Non au projet de constitution européenne, la gauche du Parti, qui représentait près de 38 % en 2003 au congrès de Dijon, s’est hélas éclatée en plusieurs pôles lors du dernier congrès du Mans. Aujourd’hui, malgré le ralliement ou les atermoiements de tel ou tel dirigeant, ses militants soutiennent massivement la candidature de Laurent Fabius, pour les raisons de fond que j’ai indiquées. Nous en faisons la démonstration, ce week-end à Cuincy, lors de l’Université de Rentrée de FMDS. Cela est important pour la suite et, dans le respect de nos sensibilités respectives et de nos choix antérieurs, un travail commun s’impose désormais : d’abord pour une plus grande efficacité dans la campagne à mener autour de Laurent Fabius mais aussi pour ancrer durablement le Parti Socialiste à gauche.