"Les Insoumis-es", produit de la scission de "Ni Putes Ni Soumises" après le débauchage de Fadéla Amara

Publié le par Gérard CONTREMOULIN


Le Maifeste des Insoumis-es
 

LES INSOUMIS-ES : la nouvelle dynamique des femmes des quartiers


Par les Insoumis-es |
mardi 13 novembre 2007 à 10:22
 

Nous sommes membres fondateurs, militants, parrains ou marraines, ou simples sympathisants du Mouvement Ni Putes Ni Soumises (NPNS). Nous avons partagé ses combats et nous continuons d’en partager les valeurs.
Nous avons porté les idéaux d'égalité, de mixité, de laïcité et de respect partout en France mais plus particulièrement en direction des habitants et des femmes de nos quartiers. Nous continuons de refuser de voir ces quartiers populaires devenir des zones de non droit, abandonnées à la loi du plus fort, à la politique de l'omerta, au repli communautaire ou aux convoitises intégristes.
Cette exigence passe par une parole libérée, ce qu’a incontestablement permis un Mouvement comme NPNS. Mais cette exigence passe aussi par un refus de voir cette parole instrumentalisée au service d’une politique sécuritaire — qui préfère faire de l’immigré un bouc émissaire au lieu de s’attaquer aux racines du sexisme et de l’intégrisme.
Or nous constatons que cet aspect de notre exigence n’est plus possible à NPNS depuis que Fadela Amara est devenue secrétaire d’État à la politique de la ville. Numéro deux à la politique de la ville, elle est sous la tutelle de sa Ministre, Christine Boutin, bien connue pour son militantisme anti-laïque et anti-féministe. Elle est aussi devenue un membre solidaire du programme sécuritaire mis en oeuvre par Nicolas Sarkozy.
Nous aimons le courage et la force de caractère de Fadela Amara. Mais comment nous demander de nous taire, et de ne pas exprimer nos désaccords, lorsqu’elle vante les mérites de sa supérieure hiérarchique Christine Boutin, «une femme de cœur», lorsqu’elle approuve la mise en vente de 40 000 logements HLM par cette ministre de tutelle, lorsqu'elle reste silencieuse face à l'appel légitime des familles de la rue de la Banque à Paris à être logées dans des conditions décentes, lorsqu’elle se contente de trouver «dégueulasse» les tests ADN et l’instrumentalisation de la question immigrée (sans en tirer les conséquences). Ou encore lorsqu’elle annonce le remplacement des sigles ZEP (zone d’éducation prioritaire) ou ZUS (Zones urbaines sensibles) — jugés déjà stigmatisants — par un classement sécuritaire qui cataloguera bientôt les quartiers populaires en «zones rouges» (ultra- sensibles), oranges ou jaunes? Ni Putes Ni Soumises, dès sa création, a combattu la sectorisation de la politique de la ville, une politique qui enclave et qui ne favorise pas la mixité sociale.
En quoi ces mesures vont-elles aider les femmes et les hommes des quartiers populaires aux prises avec le sexisme, la ghettoïsation, le communautarisme et l’intégrisme ? En rien. Comment Ni putes ni soumises pourrait-il faire entendre sa voix si le Mouvement n’est pas indépendant de l’actuel gouvernement ?
Ces questions, nous les posons depuis des mois. A l’intérieur ou à l’extérieur du Mouvement. Sans être entendus. Cet été, le désir de faire taire toute parole dissidente a franchi une étape. Mohamed Abdi — qui est à la fois le conseiller spécial de la secrétaire d’Etat à la politique de la ville et le secrétaire général de NPNS — a exclu des statuts plusieurs militants et membres fondateurs posant ces questions. Le congrès initialement prévu devait permettre l'organisation d'élections où les comités pourraient élire démocratiquement un nouveau conseil d'administration. Celui-ci et ces élections, promis et prévus par les statuts, ont été une fois de plus repoussés aux calendes grecques.
Les dernières universités d’automne ont donc été boycottées par 26 comités, démissionnaires, qui ont parfois reçu des menaces et des injures pour avoir voulu cette clarification. Ces comités souhaitent aujourd’hui reprendre leur liberté pour continuer à faire vivre les valeurs de Ni Putes Ni Soumises sous une forme nouvelle. En toute indépendance.
Nous ne laisserons pas les partisans d’une approche victimaire voire complaisante envers le sexisme et l’intégrisme profiter de cette crise salutaire pour salir ce qu’a été notre combat au sein ou aux côtés de Ni Putes Ni Soumises. Si nous avions écouté tous ceux qui ne voulaient pas entendre cette parole sous prétexte de « ne pas stigmatiser les quartiers », nous aurions accepté l’omerta. Les femmes violées et les esprit libres de ces quartiers n’auraient pas eu le droit de se battre et de s’exprimer par « solidarité » de classe! C’est parce que nous refusons d’abandonner la défense des cités et de leurs citoyens aux victimaires et aux islamo-gauchistes que nous refusons de nous taire face aux sécuritaires. Parce que tous deux aggravent la situation au lieu de l’améliorer. C’est pourquoi nous reprenons notre liberté de parole sous une nouvelle bannière, LES INSOUMIS-ES.
Elle aura pour but de fédérer toutes celles et ceux qui souhaitent sincèrement continuer à défendre les valeurs universelles du féminisme républicain et laïque. Sans esprit partisans ni étiquette.
Nous invitons toutes celles et ceux, citoyens, militants, personnalités, associations nationales ou associations de quartiers qui portent ces idéaux, et se reconnaissent dans cette démarche, à venir nous rejoindre et nous soutenir. En prévision d’une première initiative: des Assises pour l’égalité et la laïcité, que nous souhaitons organiser prochainement pour faire vivre ce débat et cette double lutte. Contre l’intégrisme et contre le racisme.
 
Les comités démissionnaires
Carpentras, Cran, Grenoble, Lyon, Le Mans, Marseille Panier, Metz, Montreuil, Morsang sur Orge, Nord Essonne, Orly, Perpignan, Rennes, Rouen, Saint Denis, Stains Pierrefitte, Tarbes, Toulon, Vitry sur Seine et Dijon
ex-membres du BN et fondateurs
Safia Lebdi & Olivier Bassuet, fondateurs NPNS, Anne Charlotte Jelty, directrice administrative NPNS, Riva Gherchanoc, ex-salariée et fondatrice du comité Montreuil, Yann Policar, ex salarié NPNS, comédien, Malika Bekhti, ex-présidente et fondatrice du comité Ferney Voltaire, Naëm Bestandji, ex-président fondateur du comité Grenoble, Clémentine Masson, dernière présidente du comité de Grenoble, Naima Lahouiri, présidente du comité Bourg en Bresse, Leila Djelamani, présidente du comité Le Mans, Laurence Gresse, secrétaire du comité de Grenoble, Fabrice Schaak, ex trésorier du comité de Grenoble, Françoise Deutsch, ex CA du comité de Grenoble, Jean Claude Boileau, comité NPNS Dijon, Caroline Brancher, ancienne bénévole, Sylvain Manternach, ancien bénévole, Nouri Rupert, étudiant, Farida Challel, éducatrice de rue, Blandine Barucq, éducatrice de jeune enfant, Sophie Le Jeune, administratrice de compagnie de théâtre, Nathalie Plicot, réalisatrice, Fernando Favier, musicien, Annie Moro, ancienne militante du comité de Grenoble, Carole SOUCAILLE, ex comité NPNS de Montreuil (93), MURIELLE SAVIGNARD, secrétaire du comité du MANS, Lynda Gorari, Npns Marseille, Soraya Makti, présidente Marseille, Nora Elariak, membre du BN, Houda Larousse, fondatrice du comité de Toulouse, Agathe Solins, ancienne stagiaire NPNS, traductrice, Cécilien Redonnet, ancien membre du BN, Sherazade Ouarem, ancienne présidente de la fédération des maisons des potes et ancienne membre du BN, Sonia Sri, ancienne membre du BN
Associations soutenant les assises
Le Planning Familial, ProChoix
Autres signatures
Eve Ramboz, superviseur VFX, Caroline Fourest, essayiste, Fiammetta Venner, politologue, Françoise TOUBOL-FISCHER, Avocate au Barreau de Paris, Ancienne conseillère technique aux cabinets du Ministre de la Justice Robert BADINTER et du Ministre de l'Intérieur Pierre JOXE, Danielle SIMONNET, Adjointe au Maire du 20e chargée de la jeunesse de l'accès à la citoyenneté et des résidents étrangers, Pascal DUBERNET, Président de Quartier Sans Cible, Collectif Exyzt, www.exyzt.org , collectif parisien pluridisciplinaire, Isabelle Favier, Directrice FNAC spectacles, Clotilde et Alain Policar, universitaires, Harek Nadja, Association Attitude (Montpellier), Jean-Pierre Thorn, cinéaste et auteur du film "Allez Yallah", Celine de Laurens, humanitaire, Antoine Bouhey, cadre à l'ONU, Nadja Harek, réalisatrice, Joël Choisy, retraité sympathisant, Carine Favier, médecin généraliste, François Favier, Epidémiologiste, Simon Favier, sportif, Lia Pisani, chercheur, Jean-Paul Enza, Adm. Scol. et Univ., Jean-Claude ROBERT, Administrateur d'association culturelle, Karim Ameziane, Cadre, Michel Garcia, Fonctionnaire Territorial, Alexandre Zloto, Metteur en scène, Comédien, Laurent MATHIOT, fonctionnaire Education Nationale, Matthieu Raynaud, professeur d'EPS en lycée professionnel, Benoît Jardin, Vigneron, Sylvain Dumas, retraité France Telecom, Christine Mennesson, Mike Ladd, Musicien, Julien Vignial, calligraphe, Farid Maachou, musicien, Sharif Harek, Mélomane, Laurence Buffet, sociologue, Aurélien Besnard, Musicien, Julien Beller, Architecte, Benjamin Beller, Etudiant, Jaya Bludeau, Peintre, Christophe Gouttes, Dj, Christophe Charreire, Musicien, Isabelle Fayolles, Journaliste, Popay, Peintre, Anne marie Gomez, retraitée, Antonin Chevalier, Organisateur d'événementiel, Daniel Duval, peintre, Caroline Ramade, journaliste, Francine Godard, gérante de société, Christian OSTY, professeur de Sport à Ajaccio, Colo Tavernier O'Hagan, Scénariste, Elisabeth Paquotte, Monteuse, Olivier RIMBERT, Cadre commercial et Libre penseur, Philippe Brachet, professeur de sciences politiques, Philippe Picard, informaticien, Francine Bocquel, étudiante, Mohamed Pascal Hilout, Nouvel Islam, Chrystel Grosso, documentaliste, Sylvia Vieuguet, professeur d'histoire géographie, Pauline Ferran, assistante communication - association des Sciences-Po, Héloïse Darcq, étudiante en théâtre, Annie Devergnas, professeur de français, Hakim Arabdiou, Sara Brucker, productrice, Rebecca Behar, poète et slameuse, Juliette Loir, journaliste, Nadja Ringart, sociologue, Myriam Haladja, travailleuse, Djamila Rodriguez, assistante, Isabelle Aubry, secrétaire, Colette Le Roux, Arnaud Perrel, comédien, Nathanaël Uhl, Cadre de la fonction publique territoriale, journaliste, Vincent Guimas, sympathisant, Frédéric Morel, sympathisant
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Publié dans Mobilisation

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