Ayaan Hirsi Ali : menacée de mort ...
Sauvons-la !

Ayaan Hirsi Ali. Photo reuters
Ayaan Hirsi Ali. L’ancienne députée néerlandaise, menacée de mort pour ses critiques de l’islam, est en Europe pour réclamer le maintien de sa protection aux Etats-Unis, où elle vit désormais.
SABINE CESSOU
Source : LIBERATION QUOTIDIEN : jeudi 7 février 2008
Belle, intelligente et culottée, rendue célèbre par sa critique radicale de l’islam, Ayaan Hirsi Ali, 38 ans, est de retour en Europe. Cette Néerlandaise d’origine somalienne qui vit aujourd’hui aux Etats-Unis espère y régler, au cours d’un bref séjour, son problème de sécurité. Dans sa biographie, Ma vie rebelle, l’ancienne députée du Parti libéral néerlandais (VVD) explique avoir renié sa religion musulmane après les attentats du 11 Septembre. Trois ans plus tard, elle a travaillé au script de Soumission, un film dénonçant la condition de la femme musulmane. Ce pamphlet a valu à son réalisateur, Theo Van Gogh, d’être assassiné par un jeune islamiste, le 2 novembre 2004, dans une rue d’Amsterdam. Ayaan Hirsi Ali a été directement visée par le meurtrier dans une lettre de menaces retrouvée sur le corps de Theo Van Gogh. Depuis, sa sécurité est une question politique aux Pays-Bas. Une semaine après la mort du cinéaste, face à une agitation anti-islam sans précédent, les services secrets l’ont exfiltrée aux Etats-Unis, pendant deux mois. Une façon de la faire taire, ont accusé plus tard Afshin Ellian et Leon de Winter, deux universitaires proches de la députée. En 2006, ses voisins à La Haye ont remporté un procès qui l’a contrainte à déménager à cause des «nuisances» provoquées par sa présence. Accusée en avril 2006 par un documentaire d’avoir menti sur son statut pour mieux obtenir l’asile politique aux Pays-Bas, en 1992, elle a été brusquement lâchée par sa famille politique. La ministre de l’Intégration Rita Verdonk a retiré son passeport à sa camarade du parti libéral.
Pas d’appuis. Ayaan Hirsi Ali, qui avait déjà décidé de vivre aux Etats-Unis, a démissionné le 16 mai 2006 du Parlement. Elle a finalement conservé sa nationalité, après avoir présenté des excuses officielles. Installée depuis août 2006 à Washington, elle travaille pour l’American Entreprise Institute (AEI), un centre de recherches conservateur. Jusqu’en septembre 2007, l’Etat néerlandais a continué d’assurer sa protection, un soutien qu’il ne veut plus garantir que si elle regagne le territoire national. Légalement, les Etats-Unis ne peuvent pas prendre le relais. Ni ses employeurs américains.
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