Régimes spéciaux : une première réunion tripartie s’est déroulée hier dans les industries électriques et gazières.

Publié le par Gérard CONTREMOULIN


Des négociations s'ouvrent


Article paru le 20 novembre 2007
 - L'Humanité
 


Régimes spéciaux . Alors que les salariés continuent de se mobiliser, une première réunion tripartie s’est déroulée hier dans les industries électriques et gazières.


Un mois après le 18 octobre, confronté à la forte mobilisation des salariés et à l’unité des organisations syndicales, le gouvernement s’est enfin résigné à ouvrir les négociations tripartites (État, directions d’entreprises et organisations syndicales) sur l’avenir des régimes spéciaux. Hier, une première réunion s’est déroulée dans les industries électriques et gazières (voir ci-dessous). Demain, une première rencontre se déroulera à la SNCF et probablement à la RATP. Ces premières discussions devraient porter essentiellement sur le cadre et le calendrier des négociations.


En attendant, la mobilisation se poursuit aujourd’hui dans les entreprises concernées par la réforme des régimes spéciaux. À la RATP où hier 18 % des agents étaient en grève (selon la direction) et le trafic très fortement perturbé en particulier sur le réseau RER, la reconduction du mouvement pour 24 heures a été votée par les assemblées générales de grévistes. « Les agents restent très mobilisés et déterminés à maintenir la pression sur le gouvernement et la direction afin de peser sur les négociations », a expliqué le porte-parole de la CGT RATP, Jacques Eliez. Le responsable syndical s’attend à une recrudescence de la participation à la grève à l’occasion de la journée d’action aujourd’hui dans la fonction publique. À la SNCF où le taux de grévistes était de 26,2 % (selon la direction) la grève a été également reconduite pour 24 heures par les assemblées générales.


Devant l’unité des syndicats et leur refus de limiter leur rôle à l’accompagnement de sa réforme, le gouvernement a été contraint de lâcher du lest en cédant à leur exigence que l’État participe à ces négociations et en acceptant que leurs revendications figurent à l’ordre du jour. Il a dû également abandonner son préalable de la reprise du travail. Les syndicats, à l’exception de SUD RATP, ont décidé de s’engouffrer dans cette brèche dans la stratégie gouvernementale. Bien décidés à débattre du cadre général de la réforme et à continuer à s’opposer à l’allongement de la durée de cotisation, à l’instauration de la décote et à l’indexation des pensions sur les prix, ils se présentent à l’ouverture de ces négociations avec la ferme volonté d’obtenir de nouvelles avancées. En particulier en matière de reconnaissance de la pénibilité ou d’intégration des primes dans le calcul des pensions.


Les concessions faites par le gouvernement le placent dans une position délicate. En acceptant de discuter des revendications des organisations syndicales, il a implicitement admis de débattre du cadre général de sa réforme. Il ouvre également la porte à ce que des sujets de négociation comme la reconnaissance de la pénibilité refasse surface au grand dam du MEDEF. Il lui faut enfin tenir compte de sa majorité très hostile au moindre compromis qui pourrait compromettre la nouvelle réforme annoncée du régime général des retraites en 2008.


Face à ce dilemme, le gouvernement pourrait être tenté de jouer la carte du pourrissement du conflit. L’UMP s’y prépare déjà en s’employant à opposer la population aux salariés en lutte, à grands renforts de tracts et de pétitions. Les syndicats, comme la CGT, qui appellent « les salariés engagés dans l’action à faire preuve de lucidité, à rester unis et à déjouer les manoeuvres de division qui n’ont pour but que de déstabiliser le mouvement pour le faire capoter », l’ont bien compris.


Pierre-Henri Lab


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Publié dans Mobilisation

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