Grèves : la droite essaie de contremobiliser ...

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

Le front des anti-grèves tente de faire contrepoids aux syndicats

Plusieurs associations appellent à manifester, dimanche, pour dénoncer les grèves dans les transports. Mais faute de soutien politique, leur action pèse peu dans le débat.

C'est un vieux rêve qui resurgit à chaque blocage des transports chez les plus fervents opposants aux grèves : celui d'une contre-manifestation monstre. Un grand soir à l'envers, qui verrait la fameuse « majorité silencieuse » sortir de sa réserve pour damer le pion aux syndicats. C'est un héritage de Mai 68, quand, le 30 mai, plusieurs centaines de milliers de personnes (300.000 selon la police, 1 million selon les organisateurs) défilaient, à l'appel des proches du général de Gaulle, sur les Champs-Elysées pour soutenir le gouvernement.

Appel à manifester dimanche

Depuis le début de la semaine, sentant se dessiner un conflit à même de durer, les habituels partisans d'une ligne sans concessions avec les syndicats s'activent à organiser le front anti-grèves. Les associations Liberté chérie (17.000 « sympathisants » et 2.000 cotisants), Contribuables associés (135.000 adhérents) et les Créateurs d'emplois et de richesse de France (CERF) ont ainsi appelé à manifester dimanche, à Paris, pour « montrer que la majorité silencieuse ne se résigne plus à subir sans réagir ».

Pas de soutien politique

Un classique : lors des grèves de 1995 et de 2003, Liberté chérie et Contribuables associés avaient déjà réuni 40.000 personnes à chaque fois, selon la police. De son côté, la Fédération des Usagers des Transports et du Service Public (FUTSP) - beaucoup plus modérée, elle milite pour la « grève par gratuité des transports » - appelle à un rassemblement, samedi, si le trafic SNCF n'a pas repris. En 1995, elle avait réuni quelques milliers de personnes. Mais faute de soutien politique, ce front anti-grèves devrait une nouvelle fois rester anecdotique. Si la base des militants UMP est assez remontée, le gouvernement mise sur l'apaisement et les invite donc au calme. Côté organisations patronales, l'attentisme est aussi de mise. Malgré le ras-le-bol qui gagne leurs troupes, elles sont restées très silencieuses afin de « ne pas mettre de l'huile sur le feu ». Les vrais coups de gueule n'auront probablement lieu, si le conflit perdure, que la semaine prochaine.

 

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Publié dans Mobilisation

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H
Le titre de l'article est trompeur : le Cref (Créateurs d'emplois et de richesse de France) n'est pas une organisation politique et donc, à priori pas de droite (certains de nos représentants étant d'ailleurs, à titre personnel, élus sur des listes de gauche depuis plusieurs mandats). Notre organisation représente et défend les très petites entreprises et est très critique de l'actuelle organisation d'une représentativité, patronale et salariale, qui vie de subventions et de prélèvements indus sur les salaires et les entreprises, sans aucune transparence, ni aucune obligation de représentativité réelle et encore moins de démonstation de leur efficacité à défendre les intérêts de leurs mandants ou de l'intérêt général.Quand à la grève, nous avons affirmé notre attachement à ce droit, mais avons rappelé que droit de grève ne peut être confondu avec droit de blocage, en particulier quand les transports sont organisés en monopole. Nous croyons que le "droit de blocage" et le monopole sont incompatibles, en particulier avec les droits fondamentaux et tous les principes énoncés dans notre Constitution.Quand, par exemple, la Constitution rappelle "le devoir de travailler", comment puis remplir mon obligation, si je n'ai pas accès aux transports, sans parler de subvenir aux besoins de ma famille ?Quand, dans une TPE (Très Petite Entreprise), un seul salarié ne peut se rendre à son travail, ce sont plus de 30% des effectifs qui sont absents. Comment humainement répartir le travail sur les autres collaborateurs présents ? En vérité, comment tout simplement faire tourner l'entreprise ? Et malheureusement, les TPE représentent plus de 90% des entreprises... ce qui fait que chaque blocage est bien plus pénalisant que vous ne semblez prêt à le reconnaître. C'est dommage, car en niant la réalité des autres, outre que vous leur retirez leur humanité, vous les rendez sourds à vos revendications.Bien à vous,
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