Mélenchon : BHL, la répudiation...

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

 


Billet


Ce grand cadavre

Cet après midi de dimanche, je devais aller débattre avec BHL sur « Riposte » de Moati. Tout avait été calé et amplement discuté. Puis tout a été annulé en ce qui me concerne. Comme j’avais un débat prévu avec BHL pour le journal «Tecknik Art » et aussi le site de « Marianne » j’ai pu au moins apprendre de sa bouche qu’il était aussi étonné que moi de cette élimination. Bon. Du coup je n’ai pas trop insisté sur ce que j’avais lu à mon sujet à la page 99 de son livre «Ce grand cadavre à la renverse» chez Grasset. Je trouve que c’est du mot pour mot ce qu’a déjà dit Joffrin, sur ce thème, à mon propos. Celui-là, le PS l’a amplement récompensé, pour cela et pour l’ensemble de son œuvre, en faisant la une de l’hebdomadaire du parti avec sa photo, suivie d’une longue lettre prétentieuse où il nous demande « d’ouvrir les yeux », rien de moins, en toute modestie éditoriale.


N’empêche,
même signé BHL la partition qui m’est réservée reste davantage dans l’injure que dans la démonstration. Lisez plutôt : « Je crois pour tout dire que ce fameux Bad Godesberg qu’a fait la gauche allemande il y a 50 ans, cette acceptation du capitalisme à quoi se sont résolues de plus ou moins bonne grâce toutes les gauches européennes après celle de Willy Brandt et Helmut Schmidt, la gauche française de gouvernement s’y est, dans les faits, à peu près résolue elle aussi ; ne resterait plus, aux dernières nouvelles que le cerveau dinausorique du Sénateur Mélenchon auquel l’information tarderait encore à parvenir puisqu’il en est encore à croire, semble-t-il que « la social démocratie c’est fini » et que son bilan est « un désastre »- mais les observateurs les plus optimistes ont espoir de le voir, même lui, finir par se ranger à l’hypothèse incongrue selon laquelle 2 et 2 feraient 4… » Mais le débat a été dense mais détendu. Vous verrez ça bientôt. Lui s’attendait à rencontrer un australopithèque. Il est possible qu’il ait été surpris de ce que j’arrive à formuler quoique dinausoriquement.



DIVORCE

La rumeur à propos du divorce du chef de l’État, et demain peut-être son annonce n’appellent en elles-mêmes aucun commentaire politique. C’est un fait à caractère privé. Il pollue la scène publique. Impossible d’y échapper. Je propose donc d’y réfléchir sous un angle politique. C’est possible. Réfléchissons aux conditions juridiques et constitutionnelles dans lesquelles ce divorce s’opérerait.


En effet, depuis la révision constitutionnelle du 23 février 2007 sur le statut constitutionnel du chef de l’État, l’impunité pénale et civile dont jouit le chef de l’État fait de son éventuel divorce l’exercice d’un véritable droit de répudiation.


Depuis février 2007, l’ article 67 de la Constitution précise en effet que le Président de la République « ne peut, durant son mandat », « faire l’objet d’une action » « devant aucune juridiction ». A l’époque, plusieurs parlementaires avaient pointé que cela rendrait impossible toute action civile contre le Président de la République, à moins que celui-ci y consente. Malheur à qui se fait emboutir sa voiture par le chef de l’état au petit matin quand il rentre à la maison. Pas de recours possible s’il n’y consent. Et aucun recours possible dans une autre forme que celle qu’il agrée. C’est comme ça !


La procédure qui impliquerait aujourd’hui le chef de l’État devant le juge des affaires familiales se déroulerait donc dans des conditions d’exception. Aucune action judiciaire ne pourra s’opérer à moins que le chef de l’État n’en soit d’accord. Et cela soit sur les modalités du divorce lui-même ou, s’il y a un contentieux, sur la garde d’enfant ou de pension alimentaire. Soit il fixe tout lui-même et l’autre partie s’incline, soit il n’y a rien de possible ! Qu’est ce qu’une séparation de couple dont on peut décider seul et à ses conditions, sans aucun recours du conjoint sur quelque sujet que ce soit ? Une répudiation, tout simplement.


Cette situation injuste illustre le caractère aberrant du statut du chef de l’État voté à l’initiative du Président Chirac en février 2007. Je me demande si la commission Balladur y a pensé ? A-t-elle pensé à réformer ce statut aberrant ? Comme les révisions constitutionnelles vont aller bon train bientôt, celle-ci pourrait y trouver sa place. Les parlementaires pourraient ainsi mettre fin à ce statut grotesque de grand Mamamouchi.

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Publié dans Analyses

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