Hortefeux et sa politique d'immigration

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

 

« Un détournement du service public »

La réaction de Pierre Willem, porte-parole d’
UNSA police.


« Pour arrêter des étrangers en situation irrégulière, en France, il existe un cadre juridique précis : le contrôle d’identité. Pour y procéder, il faut un motif. Ce qui est contradictoire avec la fixation d’un chiffre précis pour une infraction précise. Agir ainsi
est une "révolution" dans notre pratique. Le but fixé par le gouvernement est de 25 000 reconduites à la frontière pour 2007. Selon les chiffres officiels, il en reste 14 000 à faire avant la fin de l’année. Nous nous occupons des arrestations, la justice se charge des reconduites à la frontière. 50 % des procédures sont cassées par les magistrats, pour diverses raisons. Cela veut dire que nous devrions faire plus de 30 000 arrestations avant la fin de l’année. C’est toute l’absurdité du chiffre.

Sur le terrain, dans tout le pays, on sait que c’est impossible à réaliser sauf à agir de manière illégale : faire des contrôles au faciès. Une pression énorme s’exerce sur les collègues pour qu’ils multiplient les contrôles d’identité. Les préfets ont beau dire, une chose est certaine : en France, seul le gardien de la paix est à l’initiative des interpellations sur le terrain et c’est lui seul qui porte la responsabilité pénale et administrative de l’arrestation. S’il fait un acte illégal, ni le préfet, ni le ministre ne seront traînés devant les tribunaux. Aucune interpellation ne peut se faire hors du cadre juridique. Il y a toujours une infraction à l’origine d’un contrôle d’identité. Ce n’est qu’après coup qu’on s’aperçoit que la personne est recherchée, en situation irrégulière… C’est la loi.

La police nationale n’agit pas à la carte, elle répond aux urgences dans un cadre juridique précis. Nous ne sommes pas un appareil politique pour remplir des objectifs politiques. La police nationale est un service public à la disposition de tous, et de ceux qui en ont le plus besoin, les plus faibles et les plus démunis. Fixer un chiffre d’arrestations d’immigrés illégaux est un détournement du service public à des fins de politique politicienne. »

Propos recueillis par Dany Stive
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Publié dans Gouvernement

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