L'église catholique, 40 ans en arrière

Publié le par Gérard CONTREMOULIN



Benoit XVI a voulu rassurer les évêques qui craignent de voir rogner leur autorité.




Le Vatican annonce sa publication dans les prochains jours. Il a déjà été présenté aux évêques à Rome.

 

APRÈS de nombreux rebondissements, des mois de réflexion et plusieurs renvois, le décret de Benoît XVI libéralisant la messe tridentine devrait être publié dans les tout prochains jours. La machine administrative du Saint-Siège s'est mise en marche pour faire entrer en vigueur cette mesure chère au Pape, mais qui a fait couler beaucoup d'encre, tout spécialement en France.
 

Hier, le bureau de presse du Saint-Siège a confirmé que, mercredi, en toute discrétion, une quinzaine de prélats ont participé au Vatican à la présentation du décret. Les cardinaux Tarcisio Bertone, bras droit du Pape, Dario Castrillon Hoyos, chargé du dossier des catholiques intégristes, et Francis Arinze, préfet de la congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, se sont livrés à une explication de texte devant des évêques d'Angleterre, de Suisse, d'Allemagne, des États-Unis, mais aussi des cardinaux Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et Jean-Pierre Ricard, président de la conférence épiscopale française.
 

Benoît XVI s'est ensuite entretenu pendant plus d'une heure avec eux au sujet de la réception du texte par le clergé et les fidèles. L'un des participants à la rencontre a ainsi confié que le motu proprio devait encore connaître « quelques petites retouches ».
 


Retour des anciens rites
 

Depuis l'automne et les premières indiscrétions sur un texte dont le but est à la fois de rappeler l'attachement de l'Église à sa tradition liturgique et de favoriser le retour des communautés intégristes dans le giron de Rome, Benoît XVI a pris son temps, consulté et écouté pour faire passer une décision majeure de son pontificat. Il a répondu à ceux qui y voient une remise en question des acquis de Vatican II. Il a rendu des arbitrages pour éteindre l'incendie qui couve chez les évêques français, américains ou allemands, inquiets de voir rogner leur autorité, éclater une « guerre des cultes » et exacerber les différends entre fidèles.
 

Il ne reste plus qu'à faire parvenir le texte corrigé aux évêques du monde entier, avec la date de son entrée en vigueur. Cet envoi sera accompagné d'une lettre du Pape dans laquelle il présentera les « raisons profondes de sa décision ». Ces documents seront ensuite publiés dans L'Osservatore Romano.
 

La messe et les liturgies du baptême et du mariage, selon les rituels promulgués par Jean XXIII en 1962 - la dernière version de la messe d'avant Vatican II expurgée des références aux juifs « perfides » - seront officiellement une « forme extraordinaire de l'unique rite romain ». Plus besoin de l'autorisation préalable de l'évêque : un groupe de 30 fidèles pourra en faire la demande auprès d'un prêtre. L'évêque arbitrera les conflits.
 

Dès hier, l'abbé Philippe Laguérie, l'une des figures de proue des traditionalistes en France, s'est déclaré « très content que ce document arrive ». Pour sceller le retour des anciens rites, les cardinaux Castrillon Hoyos et Ricard devraient ordonner ensemble, en septembre à Bordeaux, de jeunes prêtres selon le rite préconciliaire.


Commentaire :
Voilà une mesure qui ouvre la porte au retour des milieux traditionalistes, proches de l'extrême droite, dans le giron de Rome ! Cette décision "majeure" du pontificat de l'ex "Panzer Kardinal", si elle supplée opportunément au recul du FN en France, va créer une situation particulièrement préoccupante dans les pays où l'église catholique joue encore un rôle dans ou aux cotés des appareils d'état...  Elle fait faire un bond en arrière de 40 ans, à la veille du concile Vatican II, elle efface Jean XXIII ! 
Les laïques observeront attentivement les prochains déplacements du président de la République ou de certain(e)s de ses ministres.
A toutes celles et tout ceux qui ont encore un doute sur le caractère profondément réactionnaire du chef de l'église catholique et sur le chemin qu'il lui fait (re)prendre, qu'ils s'interrogent. Que les partisans de la "Théologie de la Libération" relisent ce qu'en pensait Joseph Ratzinger...

Non, décidément, il n'y a pas de chemin commun possible !


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Publié dans Parlons de ...

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