Fonction publique : un round d'observation

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

 


Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'Etat sous tension mardi


Par Céline CASTELLA


PARIS, 15 juil 2007 (AFP) - Le Conseil supérieur de la fonction publique d'Etat (CSFPE) devrait donner lieu mardi à une première passe d'armes entre le gouvernement et les syndicats de fonctionnaires, très remontés contre les  baisses d'effectifs et en attente d'un "geste fort" sur les salaires. Ce premier CSFPE depuis la nomination du nouveau gouvernement se déroulera en présence du ministre du Budget, Eric Woerth, et du secrétaire d'Etat chargé à la Fonction publique, André Santini.


Les huit syndicats de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CGC, CFTC) ont prévu de s'adresser en début de réunion aux ministres pour réclamer l'ouverture "au plus vite" de négociations sur les salaires. Ils dénoncent en outre une "logique exclusivement comptable" chez le gouvernement, qui prévoit la suppression de 30.000 à 40.000 postes pour 2008 dans la Fonction publique d'Etat, déjà amputée de 15.000 postes en 2007 et de 9.500 en 2006.


Mardi, devant le Conseil, MM. Woerth et Santini devraient leur apporter des précisions sur le contenu de trois conférences prévues à l'automne sur les missions, le dialogue social et le pouvoir d'achat dans la Fonction publique, selon une source ministérielle. Des annonces qui ne devraient pas suffire à rassurer les syndicats.


Si la CGT, première fédération de la fonction publique, se dit  "demandeuse" de débats sur les missions comme sur le dialogue social, elle juge trop tardive la réunion sur le pouvoir d'achat : "les négociations auraient dû commencer il y a plusieurs semaines, le calendrier du gouvernement est en total déphasage par rapport à nos attentes", déclare son secrétaire général Jean-Marc Canon.  


Selon les syndicats, le point d'indice (qui sert à calculer le salaire des fonctionnaires) a perdu 6% de sa valeur depuis 2000. "Et l'année 2007 est encore vierge de toute augmentation. Quant à 2008, les lettres de cadrage sont en train d'être envoyées, les marges du budget sont donc déjà arrêtées", note M. Canon.  


De son côté, M. Woerth a prévenu fin mai: "Il faut arrêter de se  focaliser sur la valeur du point", se prononçant "à titre personnel" pour que "la fonction publique soit concernée par la réforme des heures supplémentaires". Une contrepartie loin de convaincre les syndicats, qui jugent les heures supplémentaires "inadaptées" à la fonction publique qui peine déjà à payer celles de ses infirmières et de ses policiers. "S'il fait des économies d'un côté en supprimant des postes, et les remplace par des heures supplémentaires, le gain pour l'Etat risque d'être  marginal", a relevé vendredi la CFTC.


Autre proposition du gouvernement : reverser aux fonctionnaires la moitié des économies réalisées par les suppressions de poste. Une idée balayée par Gérard Aschieri (FSU): "nous évaluons ces économies à 1,3 milliard, ce qui fait 650 millions redistribués pour le pouvoir d'achat, or une hausse générale de 1% du point d'indice correspond à 800 millions d'euros, on est loin du compte!", s'indigne-t-il. Et puis, "par rapport aux 11 à 15 milliards du paquet fiscal voté en ce moment à l'Assemblée, c'est comme si on faisait un gros trou dans la coque  et qu'on cherchait à écoper à la casserole avec les suppressions de fonctionnaires sans même se poser la question de l'intérêt économique de ces suppressions", poursuit-il.


En l'absence d'un "geste fort" sur les salaires mardi, les organisations syndicales ont déjà prévu de se revoir en août pour "entrer dans le vif du sujet dès la rentrée", selon M. Canon.

Publicité

Publié dans Dialogue social

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article