"Il y a la Sego à la télé du dimanche soir"
APRES L'INTERVIEW DE SEGOLENE ROYAL SUR TF1
Source : NOUVELOBS.COM | 09.07.2007 | 17:58
3 questions à François Bazin, rédacteur en chef adjoint du service politique au Nouvel Observateur
Ségolène Royal est-elle obligée de répéter qu'elle est candidate pour exister dans les médias ?
Non. Ce sont plutôt les médias qui lui posent la question. Elle ne fait que redire sous une forme différente ce qu'elle a déjà déclaré 20 fois. Certains lui avaient conseillé de mettre la pédale douce, mais ce n'est manifestement pas son intention. Elle est peu présente dans les réunions du parti, comme on a pu le voir en juin, mais il y a la Sego à la télé du dimanche soir. "Tout le monde la lâche", dit-on, notamment dans le Parisien. Elle prouve avec cette interview qu'elle existe encore. Mais elle ne dit rien de nouveau. Si ce n'est qu'elle écrit un livre. Mais un livre de Ségolène Royal, il vaut mieux le voir pour le croire. Dans cette interview à TF1, la forme est plus intéressante que le fond. Quand Ségolène Royal fait de la présence médiatique, elle le fait directement à la télévision, pas dans les réunions du parti. François Hollande, pour faire la comparaison, répond à une interview au Journal du dimanche ou à Radio J. Il était ce matin sur Europe 1. Il passe par les rendez-vous classiques de la politique. Ségolène Royal, se distingue, apparaît dans des émissions décalées. Quelques temps avant sur "Dimanche +" l'émission du dimanche midi de Canal +, hier à "Sept à huit" sur TF1. Elle ne prend pas les sentiers classiques de la communication politique. Elle apparaît sur des formats plus courts et moins politiciens.
Comment analyse-t-elle sa défaite et pourquoi attend-elle si longtemps pour faire sa propre critique ? L'affrontement avec le Parti socialiste est-il une bonne stratégie pour recueillir des soutiens ?
La question n'est pas de savoir quand elle le fait mais comment elle fait. L'important est qu'elle le fasse sérieusement. Elle dit que sa défaite est le fruit d'une désignation trop tardive, d'une primaire trop dure, et de la distance de certains responsables socialistes à son égard. Ce qui n'est pas faux mais ce qui ne suffit pas à tout expliquer. Ségolène Royal utilise toujours le même registre, moi d'un côté, les éléphants de l'autre. Elle n'est pas dans l'affrontement avec les militants mais dans la différenciation avec les responsables du parti. Or, ce sont les militants qui désignent leur candidat. Elle s'adresse directement à eux. S'il n'y a pas eu d'opération de liquidation de François Hollande après la présidentielle c'est parce que les responsables savaient que s'il quittait son poste de Premier Secrétaire, c'est elle qui le remplacerait automatiquement. Cette position favorable perdurera-t-elle? Un des responsables a déclaré cet été qu'elle était un bonhomme de neige mais qu'à l'automne le risque était qu'il n'en reste plus qu'une flaque. Les grands barons prennent leur distance : Pierre Mauroy, Jean-Marc Ayrault, Jean-Noël Guerini… Par ailleurs, sa chute dans le sondage Figaro magazine - Sofres de ce week-end, constitue un évènement important. Sa popularité avait été un élément fort de son succès. Toute la question est de savoir si c'est un passage à vide ou un début de désamour entre elle et l'opinion.
De qui se méfie-t-elle ?
La réponse est simple, elle se méfie de tout le monde.
En somme : a poor lonesome cowgirl !
En somme : a poor lonesome cowgirl !
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