Desmeliers : la stratégie de com. de Sarkozy

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

Communication politique: Nicolas SARKOZY et "la stratégie PARIS-MATCH"

Une nouvelle fois ce week end, nous avons assisté aux vacances sportives de Nicolas SARKOZY au fort de Brégançon. Une nouvelle fois, ce week-end, nous avons assisté à la séance de jogging avec gardes du corps, au bain de foule (moins nombreuse, du reste, que la semaine dernière) avec séance d'autographes, et interview "improvisée" avec les quelques journalistes présents. La répétition de cet événement, exactement à l'identique que la semaine précédente, me laisse comme un arrière-goût de "bidouillage". Notre président, à force de vouloir se forger une image de "gendre idéal", n'en ferait-il pas un peu trop ? Mais revenons plus en détail sur cette communication qu'il maîtrise si parfaitement, jusqu'à présent.


Le premier point fort de la communication sarkozyenne, réside dans le sur-investissement de l'espace médiatique (nous en avons un bel exemple depuis son arrivée au ministère de l'Intérieur). Si l'actualité ne se prête pas à son apparition, Nicolas SARKOZY et son équipe n'hésitent pas à "créer l'occasion" pour ne jamais quitter, d'une manière ou d'une autre, la Une médiatique. Une visite dans une usine ou dans un commissariat, une déclaration sur le sujet du moment, des vacances sportives et familiales... Le Président crée lui-même la source, à laquelle viendront s'abreuver la presse et les caméras de télévision. Afin de s'assurer une couverture complète, Nicolas SARKOZY a choisi d'intervenir dans tous les registres médiatiques, ce qui lui permet de faire cette semaine la couverture simultanée de PARIS-MATCH et GALA. Personne ne peut donc échapper à la vision de notre président, côté professionnel ou côté privé. On retrouve ici la "patte" de Silvio BERLUSCONI.


Le pool de journalistes embauché pour l'occasion (Catherine PEGARD du POINT, Myriam LEVY du FIGARO, et le très mitterrandien georges-Marc BENAMOU) permettra à Nicolas SARKOZY un positionement sans faille au sein du champ de l'actualité médiatique, mais devra aussi de mettre en place des stratégies efficaces "d'endiguement" en cas de coup dûr (comment faire oublier la faute de goût des vacances à MALTE, les pressions sur le Journal Du Dimanche, la nomination d'un proche à la tête de TF1 ?). C'est Tony BLAIR qui, en son temps, avait inauguré cette méthode de travail. Pour l'instant, il s'agit bel et bien d'un sans-faute.  


Une stratégie de communication digne de BLAIR et BERLUSCONI, une idéologie néo-conservatrice à la REAGAN, relayée par "la machine de guerre UMP" (totalement dévouée au service de l'ambition d'un seul homme), la position de Nicolas SARKOZY n'aura jamais été aussi dominante qu'aujourd'hui. Fera-t-il à la gauche française ce que Tony BLAIR a fait subir au parti conservateur dans son pays: près de 12 années d'opposition sans perspectives de reconquérir le pouvoir ? Pour l'instant, rien ne semble vouloir contredire ce pronostic, à moins qu'un jour, le petit Nicolas fasse lui-même chuter la grand SARKOZY...




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Publié dans Analyses

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