Restez mobilisés !

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

 

 

 

Garder le cap et viser juste !

 

 
Au moment où le nouveau président de la République consulte pour composer son gouvernement (et où les Iago de la "gauche" s'égarent sur les chemins de la droite au pouvoir), après la réunion du conseil national du parti socialiste (où les demandes de modification du calendrier du parti sont faites devant les médias et non devant le CN), les sirènes médiatiques s'en donnent à cœur joie sur notre dos. Et la droite se réjouit au même rythme que se démoralisent les gens de gauche…
 
Halte ! Notre conception de l'engagement politique est aux antipodes de ce tintamarre.
 
Les socialistes ont évidemment "des choses à se dire". Mais prenons garde de ne pas nous tromper dans le calendrier. L'unique objectif des semaines qui viennent, c'est de ne pas donner les pleins pouvoirs à Nicolas Sarkozy en envoyant une majorité de gauche à l'assemblée nationale. Les femmes et les hommes, nos concitoyens, qui sont durement touchés par le libéralisme, le serait bien plus encore si la droite devait (encore) gagner !
 
Nous devons épauler nos candidats. Le matériel arrive, les réunions publiques et les rencontres dans les quartiers sont programmées. Les militants dans les cantons sont mobilisés. La campagne va s'accélérer. Pleins de morgue et de suffisance, les candidats de la droite ne nous laisseront aucun répit ! On les comprend puisqu'ils seront jugés sur leur capacité à servir leur chef. Raison de plus pour les mettre à la retraite…
 
Quels qu'ils soient, quoi qu'ils diront, quels que soient les auteurs qu'ils citeront, n'oublions pas qu'il n'ont jamais eu, qu'ils n'ont pas et qu'ils n'auront jamais d'autre objectif que de tout déréglementer, de faire régner la loi du plus fort pour la plus grande gloire des actionnaires du CAC 40 …
 
Pour nous remémorer le cap, qu'il me soit permis de citer un extrait du discours de Jaurès à l'assemblée nationale sur "l'émancipation sociale des travailleurs" :
 
 
 
 
Jean Jaurès

 L’émancipation sociale des travailleurs
Discours à la Chambre des députés : 21 novembre 1893
 
 
Oui, par le suffrage universel, par la souveraineté nationale qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois. C’est d’eux, c’est de leur volonté souveraine qu’émanent les lois et le gouvernement ; ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres, mais, au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage.

Oui ! au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir, il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l’atelier. Son travail n’est plus qu’une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré […].

 

Il est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes et, à tout moment, s’il veut exercer son droit légal de coalition pour défendre son salaire, il peut se voir refuser tout travail, tout salaire, toute existence par la coalition des grandes compagnies minières. Et tandis que les travailleurs n’ont plus à payer, dans l’ordre politique, une liste civile de quelques millions aux souverains que vous avez détrônés, ils sont obligés de prélever sur leur travail une liste civile de plusieurs milliards pour rémunérer les oligarchies qui sont les souveraines du travail national.

 

Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici, c’est parce qu’il veut que la Nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. C’est la République qui est le grand meneur : traduisez-la donc devant vos gendarmes !

 

Et puis, vous avez fait des lois d’instruction. Dès lors, comment voulez-vous qu’à l’émancipation politique ne vienne pas s’ajouter, pour les travailleurs, l’émancipation sociale quand vous avez décrété et préparé vous-mêmes leur émancipation intellectuelle. Car vous n’avez pas voulu seulement que l’instruction fût universelle et obligatoire… vous avez voulu aussi qu’elle fût laïque, et vous avez bien fait.
 

 

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Publié dans Edito

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