Non aux pleins pouvoirs !
Après l'élection de Nicolas Sarkozy
Avec 83% de participation et 53,06% des voix, le pays vient de se choisir un président en lui assurant une incontestable légitimité. Nicolas Sarkozy, fort de ce score, est aussi complètement responsable du mandat qui commence. Et ce début est édifiant. Déjà, le ballet des prétendants se montre dans les allées du "nouveau" pouvoir et notamment au "Fouquets", restaurant huppé et "chic" (à la portée de toutes les bourses !), lieu caricaturalement symbolique du président de "tous les français".
Coucou, les revoilou ! Alain Juppé, l'homme du Plan éponyme qui a suscité les manifestations et la crise qui devait conduire à la dissolution du 1997 ; François Fillon, l'homme de la réforme des retraites et des énormes manifestations infructueuses du printemps 2003.
La gauche sort éparpillée de ce scrutin. Mais l'heure n'est pas aux divisions. C'est l'épreuve de vérité et de réalisme car l'enjeu des prochaines semaines est déterminant pour les 5 années qui viennent. Elle doit IMPERATIVEMENT se rassembler pour éviter le pire. Nicolas SARKOZY ne doit pas bénéficier des "pleins pouvoirs" !
Le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral ont une conséquence immédiate : le renforcement du Pouvoir par la possible concentration des pouvoirs exécutif et législatif entre les mêmes mains et pour la même durée de mandat : 5 ans ! Cette superposition peut déséquilibrer la démocratie au seul profit d'un camp qui disposerait du pouvoir exécutif (l'Élysée et Matignon) du pouvoir législatif (une majorité à l'Assemblée Nationale et celle qu'il a déjà au Sénat) et toutes les autorités de contrôle (Conseil Constitutionnel, diverses Hautes autorités dont celle de l'Audiovisuel). Ces "pleins pouvoirs", que jamais la Gauche n'a eu dans le passé, même en 1981 (on se souvient de la résistance du Sénat à propos des nationalisations), seraient une véritable menace pour la démocratie. On peut encore l'éviter !
Les élections législatives des 10 et 17 juin prochains nous offrent la possibilité de rééquilibrer les pouvoirs dans le pays. La droite extrême de Sarkozy va multiplier les provocations pour arriver à son but : convaincre, y compris par la peur, que le "bon sens" serait de lui donner tous les moyens de sa politique. Nous savons déjà ce qu'il en adviendrait. N'est-il pas choquant d'entendre le "nouveau" président dire pendant sa campagne "J'ai besoin de vous. Jamais un candidat n'a eu autant besoin du peuple à ses cotés". Voilà le projet sarkozien tout contenu dans ces propos : non pas servir le peuple, mais l'avoir "à ses cotés"… Jamais les institutions de la 5° république n'auront été à ce point résumées !
OUI, vraiment, il serait dangereux pour la démocratie de lui donner les pleins pouvoirs !
Gérard Contremoulin
Ci-dessous, le rappel de quelques déclarations prononcées hier soir :
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