"Royal à l'Elysée", ça ne se fera pas sans nous !

Publié le par Gérard CONTREMOULIN

 

Vous avez dit Bayrou ?

 

 "Au premier tour on choisit, au 2° on élimine". Cette vieille maxime des scrutins à deux tours a, cette fois, subit des variantes substantielles !

Par crainte des positions extrémistes de Sarkozy, des électeurs de droite on préféré voter Bayrou. Ils continueront au 2° tour à refuser Sarkozy.

Par crainte des positions pas assez engagées contre le libéralisme de Ségolène Royal tout en faisant barrage à Sarkozy, des antilibéraux ont voté Bayrou. Comment voteraient-ils pour Sarkozy ?

Des électeurs du PS, parfois même des enseignants qui avaient pourtant manifesté contre lui lorsqu'il était leur ministre, ont choisi de voter Bayrou. Là encore, comment ne reviendraient-ils pas dans leur famille politique ?

Bref, tant  ici et tant là qu'on finit par se demander combien de "centristes" réels ont voté Bayrou ? Nous le saurons lorsque le "Parti démocrate" qu'il veut créer à la place de l'UDF prendra corps.

Pour cause de "vote utile", un certain nombre de voix qui se seraient portées sur les candidats de la gauche de la gauche (Buffet, Bové, Besancenot et même Laguillier) ou sur les Verts (Voynet) se sont portées sur Ségolène Royal dès le premier tour. C'est probablement pour cette raison que ces candidats ont réalisé des scores si faibles. D'ailleurs ils ont, dès dimanche soir ou lundi matin, appelé soit à voter pour Ségolène Royal (c'est une grande première pour Laguillier en 6 présidentielles), soit à faire barrage à Sarkozy, c'est-à-dire à voter Royal...

Enfin, le positionnement de Sarkozy, dans les derniers temps, très eugéniste, a permis le ralliement de voix frontistes. Ajoutées aux voix traditionnelles de la droite caporaliste, et à celles du vicomte Le Joly de Villiers de Saintignon, tout récemment rallié, le total ne fait pas une majorité. On peut même imaginer que Le Pen gardera une certaine rancoeur vis à vis de celui qui l'a ainsi "syphonné". Quant à la garde rapprochée chiraquienne dont le "leader" n'a jamais voté pour son camp sauf lorsqu'il en était lui-même le candidat, on peut se demander avec quel entrain ils vont mettre leur bulletin Sarkozy dans l'urne le 6 Mai... De sorte qu'il est fort probable qu'en dehors des voix centristes, Sarkozy ait déjà fait le plein de ses voix.

Si cette arithmétique électorale peut expliquer en partie les sollicitations dont Bayrou fait l'objet de la part des deux finalistes, elle n'explique pas tout et surtout elle n'excuse pas tout. Il y a le feu à la maison. Certes ! Mais c'est précisément pour cette raison que les socialistes doivent rester sur leurs bases politiques, c'est-à-dire fidèles à leurs engagements du 1° tour.

Le pacte présidentiel de Ségolène Royal a été présenté à nos concitoyens. Il nous engage vis à vis d'eux. Il doit donc rester la base à partir de laquelle nous nous présenterons au 2° tour.  Nos électeurs ne comprendraient pas que nous changions d'orientation dans l'intervalle.

Pour l'heure, l'autre campagne a commencé. Celles et ceux qui souhaitent maintenant le soutenir face au danger pour la démocratie que représente Sarkozy, doivent pouvoir le faire sans arrière pensée. Mais ne nous y trompons pas. Nous sommes, nous socialistes, les seuls à pouvoir faire campagne pour expliquer cela autour de nous. Extrêmement courte, cette nouvelle campagne nous commande de ne rien négliger. Aucune rencontre, aucun contact, aucune conversation ne doivent échapper à notre volonté d'explication politique pour convaincre d'aller voterle 6 mai. Car le plus grand danger sera précisément l'abstention. La formidable mobilisation du premier tout ne doit pas retomber. Le différentiel du 1° tour peut être rattrapé et porter Ségolène ROYAL à l'Elysée. Mais cela ne se fera pas sans nous !

Gérard Contremoulin

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Publié dans Edito

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D
Ceci étant, j'avoue qu'elle nous bluffe tous. Le nabot, c'est fait piéger.
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D
Je partage ton sentiment sur la dangerosité de ces manoeuvres tactiques.
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